{"id":8075,"date":"2017-01-31T15:51:22","date_gmt":"2017-01-31T15:51:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/?page_id=8075\/"},"modified":"2017-01-31T15:51:22","modified_gmt":"2017-01-31T15:51:22","slug":"quelques-reflexions-sur-leuro-et-son-avenir","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/quelques-reflexions-sur-leuro-et-son-avenir\/","title":{"rendered":"Quelques r\u00e9flexions sur l\u2019euro et son avenir"},"content":{"rendered":"<p>\n\tGilles Grin<br \/>\n\tDirecteur de la Fondation Jean Monnet pour l&rsquo;Europe &agrave; Lausanne ainsi que charg&eacute; de cours &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Lausanne.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\t<span style=\"color:#cf1930;\"><strong>Papiers d&#39;actualit&eacute; \/ Current Affairs in Perspective<br \/>\n\tFondation Pierre du Bois<br \/>\n\tNo 7, September 2015<\/strong><\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"color:#cf1930;\">Read, save or print the <a href=\"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/no7_2015_euro.pdf\" target=\"_blank\">pdf<\/a> version of this article.<\/span>\n<\/p>\n<p>\n\tLes d&eacute;veloppements de l&#39;&eacute;t&eacute; 2015 ont replac&eacute; la zone euro sous le feu des projecteurs. Le pr&eacute;sent article revient sur quelques enjeux fondamentaux et met en avant l&#39;importance de la solidarit&eacute; et de l&#39;irr&eacute;versibilit&eacute; pour l&#39;avenir.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>R&ocirc;le de la monnaie<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLa monnaie poss&egrave;de quatre fonctions importantes : unit&eacute; de compte, interm&eacute;diaire dans les &eacute;changes, instrument permettant le d&eacute;placement g&eacute;ographique de valeur, r&eacute;serve de valeur dans le temps. Elle se trouve au c&oelig;ur des soci&eacute;t&eacute;s humaines, au moins comme lubrifiant de l&#39;activit&eacute; &eacute;conomique, si ce n&#39;est comme carburant de celle-ci.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Naissance de l&#39;euro<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLa naissance de la monnaie unique europ&eacute;enne, l&#39;euro, remonte &agrave; 1999. Ainsi se trouve mise en &oelig;uvre l&#39;innovation phare du trait&eacute; de Maastricht sign&eacute; en 1992. L&#39;acc&egrave;s au club mon&eacute;taire est toutefois subordonn&eacute; au respect de crit&egrave;res de convergence. D&egrave;s 2001 d&eacute;butent les &eacute;largissements g&eacute;ographiques de la zone euro, portant le nombre d&#39;Etats membres de 11 initialement &agrave; 19 actuellement.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Importance de l&#39;int&eacute;gration mon&eacute;taire europ&eacute;enne<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tL&#39;int&eacute;gration mon&eacute;taire se situe au c&oelig;ur du projet europ&eacute;en. Elle repr&eacute;sente une forme de parach&egrave;vement de l&#39;int&eacute;gration &eacute;conomique car il ne saurait y avoir de v&eacute;ritable march&eacute; int&eacute;rieur sans monnaie unique. La monnaie unique elle-m&ecirc;me approfondit en effet le march&eacute; int&eacute;rieur. Elle repr&eacute;sente aussi le cha&icirc;non crucial entre l&#39;&eacute;conomique et le politique. D&egrave;s 1952, Jean Monnet avait en effet esquiss&eacute; une typologie de l&#39;int&eacute;gration europ&eacute;enne passant successivement par trois phases : march&eacute; unique, monnaie unique, f&eacute;d&eacute;ration. Du fait de l&#39;impossibilit&eacute; d&#39;&eacute;tablir une construction politique d&#39;ensemble d&egrave;s le d&eacute;but du processus, c&#39;est une forme de f&eacute;d&eacute;ralisme &agrave; l&#39;envers qui allait &ecirc;tre suivi, mais en l&#39;absence de consensus sur la forme finale &agrave; rechercher et avec un grand flou linguistique.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>R&eacute;flexions &eacute;conomiques<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tPour des &eacute;conomies nationales ouvertes participant &agrave; la constitution d&#39;une grande entit&eacute; &eacute;conomique europ&eacute;enne, il est normal que les r&eacute;flexions &eacute;conomiques soient prises en compte. La question cruciale est de savoir si l&#39;unification mon&eacute;taire a lieu dans une zone g&eacute;ographique optimale et s&#39;il existe une dynamique centrip&egrave;te ou centrifuge. C&#39;est &agrave; l&#39;&eacute;conomiste Robert Mundell, couronn&eacute; du prix Nobel en 1999, que l&#39;on doit la th&eacute;orie des zones mon&eacute;taires optimales. Tenant compte de la disparition de l&#39;outil de l&#39;ajustement mon&eacute;taire au sein de la zone euro, les &eacute;conomistes discutent notamment du degr&eacute; de libre circulation des facteurs de production, de la flexibilit&eacute; des march&eacute;s et, pour reprendre un terme suisse, du syst&egrave;me de p&eacute;r&eacute;quation n&eacute;cessaire entre les pays.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Dimension politique<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tIl serait toutefois insuffisant de se cantonner &agrave; des r&eacute;flexions purement &eacute;conomiques. En effet, la construction europ&eacute;enne a aussi la dimension d&#39;un projet politique. Ce projet &eacute;tait fondamental pour les p&egrave;res fondateurs. Puis est venu le grand choc entre la vision communautaire et la vision nationale (Jean Monnet contre Charles de Gaulle pour faire bref). Au-del&agrave; de leurs m&eacute;rites propres, les &eacute;largissements g&eacute;ographiques de la Communaut&eacute; devenue Union europ&eacute;enne ont contribu&eacute; &agrave; brouiller la vision de l&#39;objectif final. C&#39;est encore la situation actuelle.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le cas de la Gr&egrave;ce<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLa Gr&egrave;ce a rejoint la Communaut&eacute; europ&eacute;enne en 1981 et l&#39;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire (UEM) vingt ans plus tard. On ne voit maintenant que trop bien combien le pays n&#39;&eacute;tait pas pr&eacute;par&eacute;. Les cons&eacute;quences imm&eacute;diates de l&#39;arriv&eacute;e de l&#39;euro devaient &ecirc;tre positives gr&acirc;ce &agrave; la baisse des taux d&#39;int&eacute;r&ecirc;t. La perte de la possibilit&eacute; de recourir &agrave; l&#39;ajustement mon&eacute;taire aurait d&ucirc; &ecirc;tre compens&eacute;e par une politique de comp&eacute;titivit&eacute;. Or le pays n&#39;a pas fait les r&eacute;formes structurelles n&eacute;cessaires dans les ann&eacute;es 2000. Il aurait fallu revoir le syst&egrave;me fiscal et les conditions de la fourniture des biens publics. Trop d&#39;argent a &eacute;t&eacute; emprunt&eacute;, dilapidant ainsi la manne des taux d&#39;int&eacute;r&ecirc;ts plus bas. Dans ce genre de situation, il faut &ecirc;tre deux et les cr&eacute;anciers de la Gr&egrave;ce portent assur&eacute;ment une lourde part de responsabilit&eacute;. Les cons&eacute;quences de la grande crise d&eacute;but&eacute;e en 2008 ont &eacute;t&eacute; effarantes, se traduisant par moins 25% de production de richesse nationale et par un ch&ocirc;mage &agrave; 25%. L&#39;&eacute;conomie du pays se trouve pi&eacute;g&eacute;e dans une trappe &agrave; cause de la grave r&eacute;cession et de la grande aust&eacute;rit&eacute;. L&#39;id&eacute;e que la Gr&egrave;ce devrait sortir du carcan europ&eacute;en afin de regagner le pouvoir de d&eacute;valuer sa monnaie nationale est une utopie pleine de menaces. La d&eacute;valuation cr&eacute;erait un appauvrissement g&eacute;n&eacute;ral de nature &agrave; d&eacute;chirer le tissu social et politique du pays. A c&ocirc;t&eacute; des plans d&#39;aide et des indispensables r&eacute;formes de structure, une restructuration de la dette nationale ne devrait pas &ecirc;tre un tabou.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Risque de scission<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLe projet europ&eacute;en est un projet volontariste, partag&eacute; actuellement par 28 d&eacute;mocraties nationales, et naturellement perfectible. La sortie d&#39;un pays de la zone euro (ou de l&#39;Union europ&eacute;enne si l&#39;on songe au cas britannique) cr&eacute;erait un pr&eacute;c&eacute;dent. Jusqu&#39;&agrave; maintenant, il n&#39;y a eu que des &eacute;largissements g&eacute;ographiques. Le signal politique d&#39;un retour en arri&egrave;re serait consid&eacute;rable. Les pays de la zone euro sont li&eacute;s par une grande solidarit&eacute; de fait. Et les march&eacute;s sont &agrave; l&#39;aff&ucirc;t. Si le maillon faible sautait, il y aurait des risques d&#39;attaques des march&eacute;s pour faire sauter le maillon suivant, avec &agrave; la cl&eacute; de gros b&eacute;n&eacute;fices. Pour prendre une analogie avec la physique, la scission de la zone euro lib&eacute;rerait des forces dont on ne sait pas o&ugrave; elles s&#39;arr&ecirc;teraient. Le risque ne devrait jamais &ecirc;tre couru. Il est important de se rappeler les fondements du projet europ&eacute;en, qui lui donnent son sens : paix, d&eacute;mocratie, droits fondamentaux, prosp&eacute;rit&eacute;, d&eacute;fense des valeurs et des int&eacute;r&ecirc;ts de l&#39;Europe dans le monde.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>D&eacute;veloppement des solidarit&eacute;s<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tDans un premier temps, le projet europ&eacute;en, centr&eacute; sur l&#39;int&eacute;gration &eacute;conomique, a d&eacute;velopp&eacute; les solidarit&eacute;s de fait comme la d&eacute;claration Monnet-Schuman l&#39;avait postul&eacute; en 1950. Des politiques publiques d&eacute;velopp&eacute;es au cours des d&eacute;cennies sont venues en renfort, que l&#39;on songe par exemple &agrave; la politique de coh&eacute;sion et au d&eacute;veloppement de grandes infrastructures.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>L&#39;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire incompl&egrave;te<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tOn sait que l&#39;union mon&eacute;taire n&#39;a pas &eacute;t&eacute; flanqu&eacute;e initialement d&#39;une seconde jambe, &agrave; savoir l&#39;union &eacute;conomique, contrairement aux prescriptions faites depuis les ann&eacute;es 1960. Certains ont parl&eacute; d&#39;un vice de conception. La grande crise de 2008 a montr&eacute; que cela &eacute;tait vrai dans l&#39;absolu. Mais, en r&eacute;alit&eacute;, c&#39;&eacute;tait une volont&eacute; politique convergente qui avait manqu&eacute; aux dirigeants nationaux au moment de Maastricht, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990. Il n&#39;&eacute;tait pas possible d&#39;aller plus loin.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>L&#39;impossible statu quo d&#39;avant l&#39;euro<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tAurait-il fallu en rester aux monnaies nationales ? Voil&agrave; qui aurait pu condamner l&#39;int&eacute;gration &eacute;conomique et, de ce fait, tout le projet europ&eacute;en. Cela aurait an&eacute;anti les potentialit&eacute;s d&#39;&eacute;volution vers une v&eacute;ritable union politique (toujours tr&egrave;s incompl&egrave;te de nos jours). De toute fa&ccedil;on, des &eacute;conomies nationales europ&eacute;ennes avec leur propre monnaie auraient sans doute travers&eacute; beaucoup plus difficilement encore la grande crise commenc&eacute;e en 2008.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>D&eacute;veloppement de l&#39;union &eacute;conomique et renforcement des solidarit&eacute;s<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est dans l&#39;urgence que l&#39;union &eacute;conomique, seconde jambe de l&#39;UEM, a &eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute;e depuis 2010. Cela signifie : 1) le renforcement de la volont&eacute; de r&eacute;aliser la discipline budg&eacute;taire &agrave; travers des m&eacute;canismes plus contraignants ; 2) la recherche de politiques &eacute;conomiques nationales mieux coordonn&eacute;es et le lancement d&#39;une proc&eacute;dure de surveillance des d&eacute;s&eacute;quilibres macro&eacute;conomiques ; 3) la mise en place d&#39;une union bancaire et d&#39;une union des march&eacute;s de capitaux ; 4) la cr&eacute;ation du M&eacute;canisme europ&eacute;en de stabilit&eacute; (MES), dot&eacute; d&#39;une force de frappe de 500 milliards d&#39;euros pour venir &agrave; l&#39;aide des pays en difficult&eacute; qui respectent certaines conditions. L&#39;&eacute;tablissement du MES repr&eacute;sente une nouvelle forme de solidarit&eacute; au niveau des politiques publiques europ&eacute;ennes. La crise a rendu encore plus visibles les solidarit&eacute;s de fait existant entre les Etats membres de la zone euro. Cela a influenc&eacute; les d&eacute;cideurs qui ont voulu pr&eacute;server la zone pour des raisons &agrave; la fois &eacute;conomiques et politiques ; ces dirigeants ont en cons&eacute;quence d&eacute;velopp&eacute; un nouvel instrument de solidarit&eacute; entre les Etats membres.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Faiblesses actuelles<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLa zone euro est maintenant mieux prot&eacute;g&eacute;e. Mais deux faiblesses s&eacute;rieuses subsistent : 1) les m&eacute;canismes de solidarit&eacute; demeurent sans doute encore insuffisants en l&#39;absence d&#39;un budget commun significatif et d&#39;un syst&egrave;me de p&eacute;r&eacute;quation ; 2) un nouvel incendie pourrait toujours d&eacute;marrer en cas de volont&eacute; politique r&eacute;visionniste, c&#39;est-&agrave;-dire si un ou des Etats membres cl&eacute;s de la zone euro soutenaient la sortie de l&#39;un d&#39;eux. Dans les d&eacute;bats politiques r&eacute;cents, il semble que la Gr&egrave;ce et l&#39;Allemagne ont toutes les deux flirt&eacute; avec ce sc&eacute;nario.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>La question de l&#39;irr&eacute;versibilit&eacute;<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tCela nous am&egrave;ne &agrave; la question de l&#39;irr&eacute;versibilit&eacute;. Il suffirait que l&#39;un des Etats membres de la zone euro soit amen&eacute; &agrave; la quitter pour que le tabou de son irr&eacute;versibilit&eacute; soit d&eacute;truit. On pourrait dire dans ce cas, sans m&ecirc;me prendre en compte les risques d&#39;effets en cascade, que ce serait une premi&egrave;re dans l&#39;histoire de la construction europ&eacute;enne. Finalement, la zone euro pourrait alors &ecirc;tre assimil&eacute;e &agrave; une sorte de super-m&eacute;canisme de taux de change fixes (&agrave; une sorte de super-syst&egrave;me mon&eacute;taire europ&eacute;en), mais la r&eacute;versibilit&eacute; serait dor&eacute;navant inscrite dans les g&egrave;nes du projet. Outre les cons&eacute;quences &eacute;conomiques, cela risquerait de briser sa potentialit&eacute; politique et d&#39;emp&ecirc;cher les Europ&eacute;ens de devenir un acteur uni sur la sc&egrave;ne internationale. Pour &eacute;tablir une comparaison, qui aurait song&eacute; &agrave; ce que la Californie quitte les Etats-Unis apr&egrave;s avoir connu une faillite ? Cela serait pareil avec un canton suisse qui conna&icirc;trait de graves difficult&eacute;s financi&egrave;res.\n<\/p>\n<p>\n\tLe projet europ&eacute;en a apport&eacute; &agrave; l&#39;Allemagne, pays le plus influent au sein de la zone euro et de l&#39;Union, prosp&eacute;rit&eacute; et respectabilit&eacute;. Le pays, qui tire d&#39;&eacute;normes b&eacute;n&eacute;fices &eacute;conomiques de l&#39;existence d&#39;un grand espace &eacute;conomique et mon&eacute;taire int&eacute;gr&eacute;, devrait tout faire pour pr&eacute;server l&#39;int&eacute;grit&eacute; de la zone euro, r&eacute;alisation humaine fragile par la force des choses. Il faut aller plus loin dans le d&eacute;veloppement de m&eacute;canismes de solidarit&eacute; pour ancrer le plus solidement possible l&#39;irr&eacute;versibilit&eacute; du projet. L&#39;obstacle se trouve assur&eacute;ment dans le fonctionnement partiellement cloisonn&eacute; des d&eacute;mocraties nationales europ&eacute;ennes. Il faut donc d&eacute;velopper une d&eacute;mocratie europ&eacute;enne exemplaire et mieux mettre en lien les d&eacute;mocraties nationales. Ceux qui contribuent &agrave; la solidarit&eacute; commune doivent &ecirc;tre assur&eacute;s qu&#39;un jour, m&ecirc;me lointain, ils pourraient &agrave; leur tour devoir en profiter.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>La Suisse et l&#39;euro<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLa Suisse se trouve au c&oelig;ur de l&#39;Europe. Elle a d&#39;&eacute;troites relations &eacute;conomiques, financi&egrave;res, humaines, culturelles et politiques avec ses voisins. Quels que soient ses choix futurs, respectables car d&eacute;mocratiques, elle devrait &ecirc;tre convaincue que des bonnes nouvelles concernant le projet de ses voisins seraient aussi des bonnes nouvelles pour elle, et inversement.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t* Gilles Grin est directeur de la Fondation Jean Monnet pour l&rsquo;Europe &agrave; Lausanne ainsi que charg&eacute; de cours &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Lausanne. Il s&rsquo;exprime ici en son nom personnel et ses propos n&rsquo;engagent pas ses institutions d&rsquo;affiliation.\n<\/p>\n<p>\n\tUne version abr&eacute;g&eacute;e de ce texte est parue dans le quotidien Le Temps le 20 ao&ucirc;t 2015.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">Gilles Grin Directeur de la Fondation Jean Monnet pour l&rsquo;Europe &agrave; Lausanne ainsi que charg&eacute; de cours &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Lausanne. &nbsp; Papiers d&#39;actualit&eacute; \/ Current Affairs in Perspective Fondation Pierre du Bois No 7, September 2015 &nbsp; Read, save or print the pdf version of this article. 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