{"id":6703,"date":"2016-11-01T12:54:00","date_gmt":"2016-11-01T12:54:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/papiers-dactualite-current-affairs-in-perspective\/2016-2\/no42016-la-commemoration-un-outil-complexe-au-service-de-lhistoire\/"},"modified":"2017-02-22T15:37:23","modified_gmt":"2017-02-22T15:37:23","slug":"no42016-la-commemoration-un-outil-complexe-au-service-de-lhistoire","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/publications\/2016-2\/no42016-la-commemoration-un-outil-complexe-au-service-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"La comm\u00e9moration: un outil complexe au service de l&#8217;histoire"},"content":{"rendered":"<p>\n\tOlivier Meuwly<br \/>\n\tHistorien, Sp&eacute;cialiste de l&rsquo;histoire des partis politiques\n<\/p>\n<p>\n\t<em>&nbsp;<\/em>\n<\/p>\n<p class=\"rouge\" style=\"text-align: right;\">\n\t<strong>P<\/strong><strong>apiers d&#39;actualit&eacute; \/ Current Affairs in Perspective<br \/>\n\tFondation Pierre du Bois<br \/>\n\tNo 4, April 2016<\/strong>\n<\/p>\n<p class=\"rouge\">\n\t<strong>&nbsp;<\/strong>\n<\/p>\n<p class=\"rouge\">\n\tRead, save or print the&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/images\/stories\/papiers_dactualit\/2016\/no4_2016_meuwly.pdf\" target=\"_self\">pdf<\/a>&nbsp;version of this article.\n<\/p>\n<p>\n\tLes ann&eacute;es se suivent avec leur lot de comm&eacute;morations diverses. En 2014, &agrave; peine s&rsquo;&eacute;tait-on plong&eacute; dans le souvenir des sanglants combats qui endeuill&egrave;rent quatre ans durant le continent europ&eacute;en que r&eacute;sonnait dans nos oreilles, l&rsquo;automne venu, le son lointain des bals qui distray&egrave;rent le Congr&egrave;s de Vienne, ordonnateur de la fin de l&rsquo;&egrave;re napol&eacute;onienne. 2015 n&rsquo;allait pas &ecirc;tre en reste. Marignan prenait vigoureusement le relais des festivit&eacute;s en ramenant dans nos m&eacute;moires l&rsquo;une des plus c&eacute;l&egrave;bres batailles de la Renaissance. Son importance pour la Suisse allait donner lieu &agrave; de furieuses controverses sur le sens &agrave; donner aux &eacute;v&eacute;nements cl&eacute; de l&rsquo;histoire helv&eacute;tique, que prolongea le rappel d&rsquo;une autre bataille, fich&eacute;e au c&oelig;ur de notre geste m&eacute;di&eacute;vale : Morgarten. En 1315, au bord du lac de Zoug, les Schwytzois bris&egrave;rent les ambitions des Habsbourg dont le destin, d&eacute;sormais, se tournerait vers l&rsquo;est. Avec la fin du Congr&egrave;s de Vienne, acte fondateur de la neutralit&eacute; helv&eacute;tique, 2015, condensateur d&rsquo;anniversaires, remettait l&rsquo;histoire au centre des pol&eacute;miques politiques qui animent la Suisse depuis quelques ann&eacute;es. L&rsquo;ann&eacute;e en cours et celles &agrave; venir ne seront pas &agrave; la tra&icirc;ne, en Suisse ou en Europe : Verdun aimante d&eacute;j&agrave; l&rsquo;attention d&rsquo;une Europe en mal de symboles f&eacute;d&eacute;rateurs, en concurrence avec le centenaire du mouvement Dada. Et 2017 braquera ses projecteurs sur les d&eacute;buts de la R&eacute;forme, &eacute;v&eacute;nement charni&egrave;re de notre histoire moderne. Sans oublier les c&eacute;r&eacute;monies ou colloques c&eacute;l&eacute;brant la naissance tel ou tel &eacute;minent personnage : pensons seulement au 250&egrave;me anniversaire de la naissance de Benjamin Constant et, la m&ecirc;me ann&eacute;e, le bicentenaire du d&eacute;c&egrave;s de son amie Germaine de Sta&euml;l&#8230;\n<\/p>\n<p>\n\tMais que signifie en d&eacute;finitive ce besoin de comm&eacute;morer &agrave; longueur d&rsquo;ann&eacute;es, de d&eacute;tourner les esprits vers un pass&eacute; convoqu&eacute; pour&#8230; quoi en r&eacute;alit&eacute; ? Pour fournir aux gouvernements une collection de faits lointains charg&eacute;s de nous rappeler qu&rsquo;il convient de se serrer les coudes pour ne pas revivre les horreurs du pass&eacute; ? Pour infuser une substance inesp&eacute;r&eacute;e dans un discours politique incapable de se renouveler ? Pour &eacute;veiller l&rsquo;espoir d&rsquo;un grand rassemblement populaire autour de valeurs consensuelles, au-del&agrave; des querelles qu&rsquo;offrirait la politique quotidienne ? Tout d&eacute;tenteur du pouvoir, &agrave; travers les temps, a cherch&eacute; dans l&rsquo;histoire la source d&rsquo;une l&eacute;gitimit&eacute; qu&rsquo;il pourrait brandir face &agrave; ceux qui lui en disputeraient l&rsquo;exercice. Assiste-t-on d&egrave;s lors &agrave; une rituelle captation du pass&eacute; destin&eacute;e &agrave; asseoir des ambitions pr&eacute;sentes ou futures ? Ou faut-il discerner dans la fr&eacute;n&eacute;sie comm&eacute;morative, qui envahit nos soci&eacute;t&eacute;s postmodernes en plein bouleversement, le reflet d&rsquo;une crise morale o&ugrave; se t&eacute;lescopent ruptures politiques, h&eacute;g&eacute;momie de l&rsquo;&eacute;conomique et innovations technologiques bourdonnantes ? La&nbsp; fi&egrave;vre comm&eacute;morative poss&egrave;de un avantage, p&eacute;dagogique : elle permet de r&eacute;veiller l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du public pour un pass&eacute; qui resterait, sinon, m&eacute;connu. Mais ne cacherait-elle pas aussi une autre crise, plus sournoise : celle de l&rsquo;histoire elle-m&ecirc;me ?\n<\/p>\n<p>\n\tPas rares sont les historiens &agrave; se poser ouvertement la question. Le m&eacute;di&eacute;viste Patrick Boucheron a &eacute;voqu&eacute; la &laquo; fatigue &raquo; de l&rsquo;histoire et s&rsquo;est demand&eacute;, lors de sa le&ccedil;on inaugurale au Coll&egrave;ge de France en d&eacute;cembre 2015, ce que pouvait faire l&rsquo;histoire. La sp&eacute;cialiste de la R&eacute;volution fran&ccedil;aise Sophie Wahnich lui a fait &eacute;cho dans la revue Ecrire l&rsquo;histoire et dans l&rsquo;&eacute;mission La Fabrique de l&rsquo;histoire diffus&eacute;e sur France Culture. Pour bien montrer que l&rsquo;histoire, contrairement &agrave; ce qui avait &eacute;t&eacute; proclam&eacute; par Francisa Fukuyama en 1989 apr&egrave;s la chute du Mur de Berlin, &eacute;tait loin d&rsquo;&ecirc;tre finie, elle en appelait &agrave; une histoire &laquo; buissonnante &raquo;, &agrave; l&rsquo;assaut de nouveaux territoires. L&rsquo;Am&eacute;ricain ne plaidait que pour l&rsquo;ind&eacute;passabilit&eacute; du mod&egrave;le lib&eacute;ral mais il n&rsquo;emp&ecirc;che : ce sentiment avait fini par gagner la corporation habilit&eacute;e &agrave; r&eacute;diger le grand r&eacute;cit de notre pass&eacute;. Plusieurs raisons expliquent la relation ambigu&euml; que notre soci&eacute;t&eacute; entretient avec l&rsquo;histoire et qui interpelle ceux qui ont vocation &agrave; en fouiller les recoins. La soif de comm&eacute;moration cache parfois le divorce survenu entre la soci&eacute;t&eacute; et l&rsquo;histoire. Depuis le XIX&egrave;me si&egrave;cle, l&rsquo;histoire, hiss&eacute;e au pinacle du savoir, s&rsquo;&eacute;tait arrog&eacute; le monopole du discours explicatif du monde. Elle seule d&eacute;tenait le pouvoir de tracer les lignes d&rsquo;un avenir dont elle ma&icirc;trisait les codes d&rsquo;acc&egrave;s et les &eacute;tapes constitutives. Tout le si&egrave;cle palpitait au rythme d&rsquo;un progr&egrave;s inextinguible, dont les historiens, d&eacute;sormais professionnels, composaient l&rsquo;hymne : les r&eacute;publicains l&rsquo;avaient inscrit sur leurs &eacute;tendards, les marxistes en firent l&rsquo;antichambre du Grand Soir et les lib&eacute;raux l&rsquo;assimil&egrave;rent &agrave; un processus de perfectionnement vers un monde meilleur. Les historiens conservateurs, de leur c&ocirc;t&eacute;, puisaient dans l&rsquo;histoire des nations la raison d&rsquo;&ecirc;tre du pr&eacute;sent.\n<\/p>\n<p>\n\tLa recherche historique, organis&eacute;e selon des crit&egrave;res scientifiques, avait pleinement adh&eacute;r&eacute; &agrave; cette vision de la construction du temps et s&rsquo;&eacute;tait p&eacute;n&eacute;tr&eacute;e de sa mission de porte-drapeau d&rsquo;un progr&egrave;s guide de la modernit&eacute;. Elle s&rsquo;&eacute;tait m&ecirc;me dot&eacute;e de nouveaux outils, repoussant, au fur et &agrave; mesure que le XX&egrave;me si&egrave;cle avan&ccedil;ait, l&rsquo;histoire politique et diplomatique. Elle subordonna le mouvement de l&rsquo;histoire &agrave; la longue dur&eacute;e et aux forces sociales et &eacute;conomiques, puis culturelles d&egrave;s les ann&eacute;es 1970. Les historiens adopt&egrave;rent une lecture de l&rsquo;histoire comme r&eacute;cit anticipateur d&rsquo;un futur mythifi&eacute;. La remise en cause g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e, d&egrave;s cette &eacute;poque, de l&rsquo;ordre social pr&eacute;valant des deux c&ocirc;t&eacute;s du Rideau de fer aurait d&ucirc; les alerter, mais il n&rsquo;en fut rien. L&rsquo;histoire &laquo; marxiste &raquo; r&eacute;gnait en ma&icirc;tre dans les Universit&eacute;s d&egrave;s la fin de la Seconde Guerre mondiale et apparaissait comme le passage oblig&eacute; pour saisir l&rsquo;&eacute;volution naturelle des soci&eacute;t&eacute;s bourgeoises, &eacute;pur&eacute;es de ses miasmes imp&eacute;rialistes. L&rsquo;histoire encore attach&eacute;e aux r&eacute;cits nationaux se voyait &eacute;vinc&eacute;e car porteuse de relents nationalistes. L&rsquo;histoire critique tenait le haut du pav&eacute;, livrait un appareil argumentatif &agrave; la gauche, int&eacute;gr&eacute;e dans l&rsquo;Etat &laquo; bourgeois &raquo; mais jalouse de sa vocation &laquo; r&eacute;volutionnaire &raquo;. En face, la droite lib&eacute;rale, au nom de la gestion de l&rsquo;Etat providence n&eacute; apr&egrave;s 1945, s&rsquo;&eacute;tait retir&eacute;e du champ intellectuel et historique : son &eacute;nergie &eacute;tait absorb&eacute;e par un syst&egrave;me que rien ne devait &eacute;branler.\n<\/p>\n<p>\n\tLes ann&eacute;es 1960 marquent cependant une rupture qui va secouer les pr&eacute;jug&eacute;s tant de la droite que de la gauche. L&rsquo;attaque que subit la soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;apr&egrave;s-guerre, accus&eacute;e de s&rsquo;&ecirc;tre encro&ucirc;t&eacute;e dans une structure trop autoritaire et liberticide, est violente. Une Nouvelle gauche &eacute;merge, plus revendicatrice, hostile aux compromis scell&eacute;s dans un anticommunisme&nbsp; commun aux socialistes, lib&eacute;raux et conservateurs, tous ralli&eacute;s au principe de l&rsquo;Etat &agrave; la fois lib&eacute;ral et providentiel. Le refus de l&rsquo;autorit&eacute;, derri&egrave;re Foucault ou Marcuse, &eacute;lectrise ses partisans. La libert&eacute; individuelle doit &ecirc;tre totale, contre un Etat &laquo; traditionnel &raquo; jug&eacute; castrateur. Le rejet du cadre de l&rsquo;apr&egrave;s-guerre aura une autre cons&eacute;quence plus tardive : se dessine peu &agrave; peu un lib&eacute;ralisme que l&rsquo;on qualifiera de &laquo; n&eacute;o &raquo;, qui poussera l&rsquo;aspiration &agrave; la libert&eacute; &agrave; son paroxysme en lui associant une libert&eacute; &eacute;conomique int&eacute;grale, elle aussi r&eacute;tive &agrave; toute forme d&rsquo;interventionnisme &eacute;tatique. Mais une constante relie tous ces mouvements : la primaut&eacute; de l&rsquo;individu d&eacute;finitivement lib&eacute;r&eacute; de la religion, du politique, de la tradition, de tout ce qui rappelle l&rsquo;ancien temps. Immerg&eacute; dans une relation r&eacute;invent&eacute;e avec la nature, avec l&rsquo;&eacute;cologisme ; obnubil&eacute; par un &eacute;galitarisme absolu comme contrepoids &agrave; une autonomie parfois vertigineuse ; arrim&eacute; &agrave; un march&eacute; souverain et seul apte &agrave; d&eacute;chiffrer les besoins de la soci&eacute;t&eacute;, l&rsquo;individualisme s&rsquo;installe partout. L&rsquo;individu roi triomphe. Un conservatisme mal &agrave; l&rsquo;aise avec ces valeurs est encore marginalis&eacute;, pour l&rsquo;instant.\n<\/p>\n<p>\n\tCe changement de paradigme sera lourd de cons&eacute;quences pour l&rsquo;histoire. Avec l&rsquo;av&egrave;nement d&rsquo;un individualisme comme norme de fonctionnement social, le rapport au temps sort d&eacute;chiquet&eacute;. La propension &agrave; r&eacute;duire ses attentes au moment pr&eacute;sent se r&eacute;pand ; s&rsquo;ouvre l&rsquo;&egrave;re de l&rsquo;imm&eacute;diat. Les enseignements du postmodernisme, dont la Nouvelle gauche s&rsquo;&eacute;tait faite l&rsquo;un des avocats enthousiastes, irriguent la majorit&eacute;, de droite ou de gauche. Le pass&eacute; est &laquo; d&eacute;pass&eacute; &raquo;, la coupure avec un temps exer&ccedil;ant une sorte de magist&egrave;re moral sur le pr&eacute;sent et le futur se veut d&eacute;finitive. Le renvoi &agrave; Dieu, &agrave; toute forme de pouvoir, &agrave; un Temps qui imposerait ses dogmes chronologiques est banni. La soci&eacute;t&eacute; doit se percevoir dans une qu&ecirc;te d&rsquo;universalit&eacute; qui renverserait les fronti&egrave;res. Les historiens cautionneront ce mouvement et n&rsquo;en apercevront la signification que lentement. Pour l&rsquo;heure, ils ne voient dans le d&eacute;sint&eacute;ressement que la soci&eacute;t&eacute; manifeste envers l&rsquo;histoire que la preuve de la justesse de leur combat pour un progr&egrave;s qui serait en train d&rsquo;advenir. En se diffractant, en fuyant des cadres nationaux v&eacute;cus comme trop &eacute;troits, trop impr&eacute;gn&eacute;s par les d&eacute;sastres guerriers, l&rsquo;histoire se consid&egrave;re comme le porte-parole d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; &laquo; soixante-huitarde &raquo; assoiff&eacute;e de libert&eacute; et d&rsquo;in&eacute;dit. La mont&eacute;e en puissance de la sociologie ou de l&rsquo;anthropolgie n&rsquo;est pas per&ccedil;ue comme une menace. Le progr&egrave;s rev&ecirc;t les habits de la postmodernit&eacute;, telle que la d&eacute;finit Shmuel Trigano. Mais ils ne voient pas qu&rsquo;ils adoubent ainsi la sortie de l&rsquo;histoire, la fin de la temporalit&eacute;. Que peut faire l&rsquo;historien lorsque l&rsquo;on coupe le pass&eacute; du pr&eacute;sent ? Lorsque l&rsquo;on coupe le fil du temps ?\n<\/p>\n<p>\n\tSur l&rsquo;autel de l&rsquo;homme nouveau en train de se lever, le marxisme, majoritaire parmi les historiens, et revu selon les canons de la psychologie et la r&eacute;volution &laquo; culturelle &raquo; des ann&eacute;es 60, oublie qu&rsquo;il sacrifie le progr&egrave;s et son carburant, le mouvement de l&rsquo;histoire. 1989 provoque un traumatisme profond : avec la chute du communisme, c&rsquo;est l&rsquo;utopie r&eacute;volutionnaire et le progr&egrave;s &laquo; marxiste &raquo; qui tr&eacute;passent. Les historiens se retrouvent sans projet et avec leurs illusions perdues, que th&eacute;orisera Fran&ccedil;ois Furet. Ils ne peuvent plus comprendre ce qui va se passer dans les anciens pays du bloc de l&rsquo;est. L&rsquo;histoire s&rsquo;&eacute;broue dans d&rsquo;autres champs, englobe de nouvelles th&eacute;matiques, s&rsquo;enrichit de nouvelles m&eacute;thodes, mais la question de son devenir subsiste. Pourquoi &eacute;tudier le pass&eacute; si le pass&eacute; est mort ? D&egrave;s le d&eacute;but du XXI&egrave;me si&egrave;cle, une r&eacute;action s&rsquo;esquisse. Fran&ccedil;ois Hartog invente le terme de &laquo; pr&eacute;sentisme &raquo;, qui avertit du danger que fait courir une &laquo; omnipr&eacute;sence &raquo; du pr&eacute;sent, de l&rsquo;imm&eacute;diat. Elle a r&eacute;duit la cha&icirc;ne du temps au seul moment pr&eacute;sent, dans un discontinuit&eacute; de l&rsquo;&eacute;pop&eacute;e du monde qui isole davantage l&rsquo;individu dans sa bulle. Encapsul&eacute; dans univers ayant largu&eacute; les amarres avec la contraintes du temps, celui-ci se d&eacute;ploie d&eacute;sormais dans une libert&eacute; flottante. Et Fran&ccedil;ois Hartog, avec son coll&egrave;gue Henry Rousso, d&rsquo;&eacute;pingler le culte de la comm&eacute;moration comme l&rsquo;illustration la plus aboutie d&rsquo;un rapport au temps d&eacute;sormais biais&eacute;, o&ugrave; ont fusionn&eacute; pass&eacute;, pr&eacute;sent et futur, concentr&eacute;s sur le moment pr&eacute;sent divinis&eacute;. Quant au futur, vid&eacute; de son eschatologie d&rsquo;un progr&egrave;s auquel on ne croit plus, d&eacute;sormais apocalyptique, il fait surtout peur.\n<\/p>\n<p>\n\tLe langage politique accompagne cette &eacute;volution comme le montrent ses &eacute;pousailles avec le concept de d&eacute;veloppement durable. A un pass&eacute; honni pour les d&eacute;g&acirc;ts qu&rsquo;il a inflig&eacute;s &agrave; l&rsquo;environnement, la durabilit&eacute;, dans l&rsquo;apparent respect du temps que la notion suppose, r&eacute;pond par un pr&eacute;sent qu&rsquo;il s&rsquo;agit de pr&eacute;server dans son &eacute;tat actuel et de transmettre aux g&eacute;n&eacute;rations futures, confront&eacute;es &agrave; un avenir incertain. Les id&eacute;es d&rsquo;&eacute;volution et de progr&egrave;s sont gomm&eacute;es pour laisser la place &agrave; un moment pr&eacute;sent &agrave; r&eacute;p&eacute;ter &agrave; l&rsquo;infini, au nom d&rsquo;une nature qu&rsquo;il ne faut plus toucher. C&rsquo;est dans ce malaise, face &agrave; un futur que l&rsquo;on ne peut plus admettre comme le r&eacute;sultat d&rsquo;une progression de l&rsquo;histoire, qu&rsquo;a germ&eacute; le concept de prospective. Au-del&agrave; des id&eacute;ologies, mortes pour les uns ou reconfigur&eacute;es pour les autres, la prospective vise &agrave; imaginer des futurs possibles sur la base d&rsquo;un pr&eacute;sent adoss&eacute; &agrave; un pass&eacute; bien r&eacute;el et se ramifiant en des &laquo; possibles &raquo; ouverts &agrave; une diversit&eacute; de combinaisons. Jean-Luc Guyot a bien d&eacute;crit l&rsquo;objet de cette science, th&eacute;roris&eacute;e dans les ann&eacute;es 1960 par Gaston Berger, comme une tentative de recr&eacute;er une temporalit&eacute; dans un univers qui s&rsquo;est coup&eacute; de ses r&eacute;f&eacute;rences li&eacute;es au temps. Dans une approche prospectiviste, l&rsquo;avenir redevient mall&eacute;able, n&rsquo;est plus fig&eacute; dans sa claustration &laquo; pr&eacute;sentiste &raquo;. Il r&eacute;cup&egrave;re une forme de respiration o&ugrave; le temps retrouve sa place dans un monde per&ccedil;u, &agrave; tort ou &agrave; raison, comme d&eacute;sert&eacute; par le politique.\n<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est dans ce contexte agit&eacute; que l&rsquo;histoire doit r&eacute;pondre &agrave; une demande contradictoire en provenance de la soci&eacute;t&eacute;. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, elle surgit comme un refuge au milieu d&rsquo;une &eacute;bouriffante mondialisation, un havre autorisant un ancrage salvateur dans un concret visible, comme en atteste l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t croissant pour l&rsquo;histoire locale ou le succ&egrave;s m&eacute;diatique de certains&nbsp; ouvrages. Mais d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, elle fait peur, expuls&eacute;e de son r&ocirc;le de gardien d&rsquo;un temps auquel on refuse d&rsquo;ob&eacute;ir. Comme le signalait Sophie Wahnich, l&rsquo;histoire se d&eacute;voile dans sa nudit&eacute;, affiche son inutilit&eacute; aux yeux d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; obs&eacute;d&eacute;e par le moment pr&eacute;sent et qui ne lorgne vers le pass&eacute; que pour se rassurer, l&rsquo;espace d&rsquo;un instant. Comme le craignait Fran&ccedil;ois Hartog, l&rsquo;histoire est &laquo; patrimonialis&eacute;e &raquo;. Elle demeure un objet d&rsquo;&eacute;tude, mais r&eacute;serv&eacute; &agrave; des observateurs-historiens. D&eacute;crypteurs du pass&eacute;, ils se voient d&eacute;poss&eacute;d&eacute;s de leur fonction prescriptive. L&rsquo;histoire devient un jardin pour esth&egrave;tes, dont les conclusions restent du ressort des biblioth&egrave;ques. Claquemur&eacute;e dans les mus&eacute;es, abandonn&eacute;e &agrave; un souvenir qui met volontiers en comp&eacute;tition le t&eacute;moignage avec le document d&rsquo;archive, l&rsquo;histoire est mobilis&eacute;e, ou pour &eacute;tayer un discours en mal de r&eacute;f&eacute;rences, ou pour pallier le d&eacute;clin des Etats nationaux. Brassant les &eacute;pisodes de la grande aventure nationale, l&rsquo;histoire est solllcit&eacute;e pour ressouder une union nationale effiloch&eacute;e, et se substituer &agrave; une absence de projet collectif. Dans leur combat &laquo; anti-soixante-huitard &raquo;, les partis conservateurs &laquo; nationaux &raquo; capturent d&egrave;s la fin du XX&egrave;me si&egrave;cle l&rsquo;histoire pour d&eacute;montrer leur refus de la modernit&eacute;, quitte &agrave; brutaliser la r&eacute;alit&eacute; des faits.\n<\/p>\n<p>\n\tPour les historiens, c&rsquo;est un nouveau m&eacute;tier qui s&rsquo;ouvre &agrave; eux. Ils avaient pris acte, voire encourag&eacute;, l&rsquo;id&eacute;e de la fin des nations et leur d&eacute;passement dans des entit&eacute;s dont l&rsquo;Union europ&eacute;enne, notamment, devait constitueur le mod&egrave;le le plus abouti. Or les r&egrave;gles du jeu ont chang&eacute;. Qu&rsquo;a &agrave; dire l&rsquo;histoire dans un monde heureux de red&eacute;couvrir l&rsquo;utilit&eacute; des fronti&egrave;res, souvent perfor&eacute;es par une abrasive mondialisation ? Qu&rsquo;a-t-elle &agrave; proposer quand les&nbsp; technologies de l&#39;infomation ont &eacute;tabli leur mainmise sur l&rsquo;espace virtuel ? Comment se mouvoir dans un r&eacute;el hypnotis&eacute; par une multitude d&rsquo;&eacute;crans ? L&rsquo;histoire doit-elle se r&eacute;approprier l&rsquo;espace national et revenir &agrave; son antique mission : raconter et comprendre la destin&eacute;e des peuples ? Un retour qui n&rsquo;invaliderait d&rsquo;ailleurs pas les th&eacute;matiques explor&eacute;es dans le sillage de l&rsquo;essor de l&rsquo;histoire &eacute;conomique. Depuis les ann&eacute;es 1980, un changement d&rsquo;orientation est en cours. L&rsquo;individualisme ambiant avait d&eacute;j&agrave; consacr&eacute; le retour de la biographie ; le retour de la g&eacute;opolitique, apr&egrave;s la fin de l&rsquo;empire sovi&eacute;tique, saluera celui du politique, r&eacute;ceptacle des mouvements &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans le corps social. Le politique n&rsquo;&eacute;tait plus seulement l&rsquo;infrastructure muette et formelle de la soci&eacute;t&eacute;, r&eacute;duite &agrave; sa seule r&eacute;alit&eacute; &eacute;conomique. L&rsquo;histoire recouvre sa complexit&eacute; et se r&eacute;conciliera avec les comm&eacute;morations malgr&eacute; leur c&ocirc;t&eacute; parfois artificiel : outre les cr&eacute;dits que ces grand-messes nationales permettent de d&eacute;bloquer pour la recherche, elles font ressurgir dans le d&eacute;bat public des &eacute;v&eacute;nements anciens dont les enjeux m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre rediscut&eacute;s &agrave; l&rsquo;aune des avanc&eacute;es de la science. Elle remettent l&rsquo;histoire au c&oelig;ur de la vie sociale. L&rsquo;histoire peut ainsi affronter les mythes qui la contrefont sous le paravent d&rsquo;une r&eacute;cup&eacute;ration historique peu encline &agrave; contester ses assertions fondamentales.\n<\/p>\n<p>\n\tMais le temps presse. Car le retrait de l&rsquo;histoire du devenir du monde a cr&eacute;&eacute; un grand vide. Son aveuglement face au besoin d&rsquo;histoire qui hante subitement les peuples l&rsquo;a marginalis&eacute;e. Cette d&eacute;mission a laiss&eacute; les soci&eacute;t&eacute;s occidentales d&eacute;munies, d&eacute;stabilis&eacute;es par un pass&eacute; d&eacute;clar&eacute; inutile. Comment comprendre les d&eacute;lires de l&rsquo;&eacute;conomie financi&egrave;re sans entrer dans son &eacute;volution? Comment comprendre le renouveau de mouvements nationalistes en Europe et m&ecirc;me aux Etats-Unis sans se tourner vers le pass&eacute; ? Comment enfin s&rsquo;emparer de la question islamique sans s&rsquo;accommoder d&rsquo;une histoire que l&rsquo;on conna&icirc;t mal ? Un postmodernisme pr&eacute;sentiste faussement &eacute;pris de libert&eacute; et d&rsquo;autonomie ne peut que paralyser l&rsquo;humain accapar&eacute; par l&rsquo;av&egrave;nement de sa singularit&eacute; comme une fin en soi. Le monde d&rsquo;apr&egrave;s 1989, gravement &eacute;branl&eacute; par les crises &eacute;conomique et financi&egrave;re des ann&eacute;es 2008 et 2009, est en plein d&eacute;sarroi : les utopies des ann&eacute;es 60 et 70 ont &eacute;chou&eacute; &agrave; parachever un monde sans pass&eacute; ni fronti&egrave;re, et les illusions &laquo; n&eacute;olib&eacute;rales &raquo; d&rsquo;une libert&eacute; &eacute;conomique ma&icirc;tresse du monde se sont effondr&eacute;es sous les coups d&rsquo;une crise meutri&egrave;re. Les gens se sont tourn&eacute;s vers l&rsquo;histoire&#8230; qui n&rsquo;&eacute;tait plus pr&eacute;sente. Ils furent d&egrave;s lors vuln&eacute;rables &agrave; une histoire remani&eacute;e selon les besoins des causes qu&rsquo;elle &eacute;tait appel&eacute;e &agrave; soutenir. Les grands mythes des histoires nationales furent ressuscit&eacute;s, &agrave; la grande stup&eacute;faction d&rsquo;une histoire scientifique accus&eacute;e de salir les id&eacute;aux des peuples par leurs questionnements intempestifs.\n<\/p>\n<p>\n\tCe vide, l&rsquo;histoire doit le remplir, et ne pas s&rsquo;en effrayer. La corporation historienne a trop tendance &agrave; regimber d&egrave;s qu&rsquo;un parti aligne des faits historiques interpr&eacute;t&eacute;s de fa&ccedil;on sp&eacute;cieuse. Elle doit taire sa mauvaise humeur et affiner son argumentaire. Les mythes, s&rsquo;ils sont n&eacute;cessaires &agrave; la construction d&rsquo;une m&eacute;moire collective, posent &eacute;videmment probl&egrave;me. Ils ont trop souvent &eacute;t&eacute; re&ccedil;us par des historiens tout &agrave; leur postmodernisme postnational comme la r&eacute;miniscence d&rsquo;un pass&eacute; honteux qu&rsquo;il fallait nettoyer. Ils ne sont pas m&eacute;prisables en soi. Les partis &laquo; n&eacute;onationaux &raquo;, s&rsquo;ils se distinguent aujourd&rsquo;hui en mati&egrave;re de recours abusif &agrave; l&rsquo;histoire, ne sont pas les seuls &agrave; voir dans l&rsquo;histoire l&rsquo;all&eacute;gorie d&rsquo;un r&eacute;cit national &agrave; r&eacute;&eacute;crire. Les partis de gauche ont largement pratiqu&eacute; cet exercice, jusqu&rsquo;&agrave; confisquer les acquis d&rsquo;une histoire critique&#8230; comme critique de l&rsquo;adversaire. En Suisse, les socialistes n&rsquo;ont pas h&eacute;sit&eacute;, &agrave; la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle, &agrave; embrigader la figure l&eacute;gendaire de Guillaume Tell pour justifier la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; de la Suisse, pays de libert&eacute;, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard&nbsp; des r&eacute;fugi&eacute;s politiques pourchass&eacute;s de par l&rsquo;Europe. Et le mouvement radical a puis&eacute; dans l&rsquo;id&eacute;al de la Landsgemeinde des Waldst&auml;tten le mod&egrave;le id&eacute;al qui devait inspirer une d&eacute;mocratie de plus en plus directe. Il est en revanche essentiel que les historiens r&eacute;agissent lorsque l&rsquo;histoire est &eacute;touff&eacute;e sous un amas d&rsquo;enseignements outrageant le savoir. L&rsquo;histoire ne vit que par les questions qu&rsquo;elle ose poser au pass&eacute; : les mythes doivent continuellement &ecirc;tre interrog&eacute;s.\n<\/p>\n<p>\n\tLes historiens n&rsquo;ont pas &agrave; se m&eacute;tamorphoser en simples scribes d&rsquo;histoires nationales qui ob&eacute;iraient aux attentes pr&eacute;sum&eacute;es du public. Ils ne vont pas changer d&rsquo;avis. Les craintes exprim&eacute;es par l&rsquo;historien isra&eacute;lien Shlomo Sand sont sans objet. Pour lui, toute d&eacute;marche historienne, m&ecirc;me venant de gauche, reste aujourd&rsquo;hui encore marqu&eacute;e par la mission d&rsquo;&eacute;difier un r&eacute;cit national, comme au XIX&egrave;me si&egrave;cle. Pour lui, une histoire digne de ce nom doit se d&eacute;barrasser de toute r&eacute;f&eacute;rence &agrave; un espace national. Nous ne pensons cependant pas que c&rsquo;est la voie &agrave; suivre. Par une approche critique mais subtile des mythes &laquo; nationaux &raquo;, une analyse plus saine du pass&eacute; peut &ecirc;tre abord&eacute;e, dans la n&eacute;cessaire jonction qu&rsquo;il sied de r&eacute;tablir entre lui, le pr&eacute;sent et le futur. L&agrave; nous semble r&eacute;sider l&rsquo;enjeu majeur pour la recherche historique. &laquo; Que peut faire l&rsquo;histoire ? &raquo;, se demandait Patrick Boucheron. En se r&eacute;conciliant avec une histoire nationale reconnue sereinement, l&rsquo;historien pourra r&eacute;investir l&rsquo;espace du temps pour mieux souligner son rythme naturellement syncop&eacute;. Pourquoi tel &eacute;v&eacute;nement, m&ecirc;me non prouv&eacute;, a-t-il pris une place si importante ?&nbsp; L&rsquo;histoire doit reconqu&eacute;rir sa qu&ecirc;te des causalit&eacute;s pr&eacute;sidant &agrave; son mouvement pour rattraper la temporalit&eacute; qu&rsquo;elle avait accept&eacute; d&rsquo;abolir. Elle poura s&rsquo;emparer &agrave; nouveau des fronti&egrave;res, non pour chanter leur r&eacute;manence mais pour les red&eacute;finir dans leur modernit&eacute; : &agrave; la fois balise et passerelle avec l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Bibliographie<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tFUKUYAMA, Francis (1992) : La fin de l&rsquo;histoire et le dernier homme, Flammarion, Paris.\n<\/p>\n<p>\n\tFURET, Fran&ccedil;ois (1995) : Le pass&eacute; d&rsquo;une illusion, Laffont\/Calmann-L&eacute;vy.\n<\/p>\n<p>\n\tGUYOT, Jean-Luc (2014): &ldquo;Temps de crises ou crise du temps&rdquo;, in Jean-Luc GUYOT et S&eacute;bastien BRUNET, Construire les futurs. Contributions &eacute;pist&eacute;mologiques et m&eacute;thodologiques &agrave; la d&eacute;marche prospective, Presses universitaires de Namur, pp. 7-28.\n<\/p>\n<p>\n\tHARTOG, Fran&ccedil;ois (2013): Croire en l&rsquo;histoire, Flammarion, Paris.\n<\/p>\n<p>\n\tMEUWLY, Olivier (2015) : &laquo; L&rsquo;histoire comme objet politique &raquo;, in Olivier MEUWLY et Pierre STREIT, Morgarten. Entre mythes et histoire 1315-2015, Cab&eacute;dita, Bi&egrave;re, pp. 75-101.\n<\/p>\n<p>\n\tPETITIER, Paule et WAHNICH, Sophie (2015) : &laquo; Avant-propos &raquo;, La fin de l&rsquo;histoire, in Ecrire l&rsquo;histoire, 15, CNRS Editions, Paris, pp. 11-17.\n<\/p>\n<p>\n\tROUSSO Henry (2012): La derni&egrave;re catastrophe. L&rsquo;histoire, le pr&eacute;sent, le contemporain, Gallimard, Paris.\n<\/p>\n<p>\n\tSAND Shlomo (2015) : Cr&eacute;puscule de l&rsquo;histoire, Flammarion, Paris.\n<\/p>\n<p>\n\tTRIGANO, Shmuel (2012) : La nouvelle id&eacute;ologie dominante : le post-modernisme, Hermann, Paris.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\t<span style=\"font-size:12px;\"><em>Mise &agrave; jour le Jeudi, 07 Avril 2016 18:09 <\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">Olivier Meuwly Historien, Sp&eacute;cialiste de l&rsquo;histoire des partis politiques &nbsp; Papiers d&#39;actualit&eacute; \/ Current Affairs in Perspective Fondation Pierre du Bois No 4, April 2016 &nbsp; Read, save or print the&nbsp;pdf&nbsp;version of this article. Les ann&eacute;es se suivent avec leur lot de comm&eacute;morations diverses. En 2014, &agrave; peine s&rsquo;&eacute;tait-on plong&eacute; dans le souvenir des sanglants combats qui endeuill&egrave;rent quatre ans&hellip; <a href=\"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/publications\/2016-2\/no42016-la-commemoration-un-outil-complexe-au-service-de-lhistoire\/\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":0,"parent":6667,"menu_order":4,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-6703","page","type-page","status-publish","hentry","xfolkentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6703","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6703"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6703\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8575,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6703\/revisions\/8575"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6667"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6703"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}