{"id":6082,"date":"2015-05-26T13:25:04","date_gmt":"2015-05-26T13:25:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/?page_id=6082"},"modified":"2017-02-22T16:39:59","modified_gmt":"2017-02-22T16:39:59","slug":"no32015-denonciation-russe-du-nationalisme-ukrainien-comme-fascisme","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/no32015-denonciation-russe-du-nationalisme-ukrainien-comme-fascisme\/","title":{"rendered":"D\u00e9nonciation russe du nationalisme ukrainien comme \u201cfascisme\u201d"},"content":{"rendered":"<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Barbara Martin<br \/>\n\tGraduate Institute of International and Development Studies, Geneva<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<em>&nbsp;<\/em>\n<\/p>\n<p class=\"rouge\" style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(207, 25, 48); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: right;\">\n\t<strong>P<\/strong><strong>apiers d&#39;actualit&eacute; \/ Current Affairs in Perspective<br \/>\n\tFondation Pierre du Bois<br \/>\n\tNo 3, March 2015<\/strong>\n<\/p>\n<p class=\"rouge\" style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(207, 25, 48); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<strong>&nbsp;<\/strong>\n<\/p>\n<p class=\"rouge\" style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(207, 25, 48); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\tRead, save or print the&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/no3_2015_denonciation-russe-du-nationalisme-ukrainien-comme-fascisme.pdf\" style=\"color: rgb(207, 25, 48);\" target=\"_blank\">pdf<\/a>&nbsp;version of this article.\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">L&#39;assassinat de l&#39;opposant russe Boris Nemtsov, le 27 f&eacute;vrier 2015, a &eacute;t&eacute; accueilli avec une grande &eacute;motion en Russie. Alors que les motifs du meurtre restaient inconnus, les m&eacute;dias occidentaux associaient son &eacute;limination &agrave; son soutien &agrave; la cause ukrainienne. L&#39;organisation de d&eacute;fense des droits de l&#39;homme russe Memorial pointait quant &agrave; elle du doigt sur sa page Facebook le climat d&eacute;l&eacute;t&egrave;re des ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes, la pers&eacute;cution des opinions dissidentes, qui avaient fait de Nemtsov et d&#39;autres opposants des &laquo; cibles l&eacute;gitimes &raquo;. La responsabilit&eacute; des autorit&eacute;s russes &eacute;tait engag&eacute;e dans cet assassinat, affirmait Memorial, non seulement pour avoir cr&eacute;&eacute; un climat propice &agrave; son ex&eacute;cution, mais &eacute;galement pour avoir soutenu la constitution de bataillons arm&eacute;s &laquo; anti-Ma&iuml;dan &raquo; qui, une fois revenus du front ukrainien, &eacute;taient enclin &agrave; reproduire en Russie la violence arm&eacute;e gratuite apprise dans le Donbass. Alors que la guerre conduit &agrave; la d&eacute;shumanisation de l&#39;ennemi, essentialis&eacute; sous les traits grossiers du &laquo; fasciste &raquo; &agrave; &eacute;liminer, le soutien par des citoyens russes &agrave; la cause ukrainienne est assimil&eacute; &agrave; une trahison politique.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Cette violence des armes succ&egrave;de &agrave; une violence des mots, exprim&eacute;e par exemple lors de la manifestation &laquo; anti-Ma&iuml;dan &raquo;, organis&eacute;e &agrave; Moscou le 21 f&eacute;vrier, un an apr&egrave;s la chute de Viktor Ianoukovytch. Le mot &laquo; fascisme &raquo; y &eacute;tait sur toutes les l&egrave;vres, jouant sur la confusion des &eacute;poques : le combat arm&eacute; qui se joue dans le Donbass contre le &laquo; fascisme &raquo; pr&eacute;sum&eacute; du gouvernement ukrainien est assimil&eacute; &agrave; la lutte pass&eacute;e contre l&#39;Allemagne nazie, soutenue un temps par les r&eacute;sistants nationalistes ukrainiens de l&#39;OUN<sup>(i)<\/sup>&nbsp;\/UPA<sup>(ii)<\/sup>&nbsp;. Et le ruban orange et noir de l&#39;ordre de St Georges traditionnellement arbor&eacute; en m&eacute;moire de la victoire de 1945 est devenu aujourd&#39;hui omnipr&eacute;sent &agrave; Moscou, symbole d&#39;un patriotisme exacerb&eacute; dans la lutte contre un nouveau &laquo; fascisme &raquo;, alli&eacute; au camp occidental.<sup>(iii)<\/sup><\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">De fait, un an apr&egrave;s la r&eacute;volution ukrainienne et l&#39;annexion de la Crim&eacute;e par la Russie, force est de constater que la polarisation entre l&#39;Ukraine et la Russie a atteint des niveaux in&eacute;gal&eacute;s depuis la dissolution de l&#39;Union sovi&eacute;tique. Et cette animosit&eacute; ne se limite pas au niveau inter&eacute;tatique, mais tend &agrave; affecter les perceptions que Russes et Ukrainiens ont les uns des autres. Les &eacute;pith&egrave;tes calomnieuses telles que &laquo; fasciste &raquo; sont &eacute;chang&eacute;es de part et d&#39;autre ; et si les Russes voient dans les vainqueurs de Ma&iuml;dan les h&eacute;ritiers directs des r&eacute;sistants nationalistes de l&#39;OUN\/UPA, les Ukrainiens comparent ouvertement l&#39;annexion de la Crim&eacute;e par Poutine &agrave; la prise des Sud&egrave;tes par Hitler. S&#39;il y a quelque chose de paradoxal dans l&#39;affrontement de ces deux nationalismes qui se r&eacute;servent le terme &eacute;logieux de &laquo; patriotisme &raquo; pour mieux accuser l&#39;autre d&#39;extr&eacute;misme, au regard de l&#39;historien le paradoxe s&#39;estompe pour faire place &agrave; une continuit&eacute; historique inscrite dans la longue dur&eacute;e.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Au-del&agrave; d&#39;une simple guerre des mots, appuy&eacute;e par les appareils de propagande des deux camps, ces accusations sont le produit de d&eacute;cennies de repr&eacute;sentations n&eacute;gatives du nationalisme ukrainien en Russie, h&eacute;rit&eacute;es de l&#39;&eacute;poque sovi&eacute;tique. Ces clich&eacute;s martel&eacute;s depuis plus d&#39;un demi-si&egrave;cle par les organes officiels, en URSS puis en Russie post-sovi&eacute;tique, expliquent l&#39;&eacute;cho que rencontre en Russie, et plus largement dans l&#39;espace post-sovi&eacute;tique russophone, l&#39;accusation de fascisme dirig&eacute;e contre les vainqueurs de Ma&iuml;dan. Il importe donc d&#39;explorer l&#39;origine de ces repr&eacute;sentations afin de comprendre le succ&egrave;s de la propagande russe, qui a su convaincre une large part des populations de l&#39;espace russophone russe et ukrainien, et qui a jou&eacute; un r&ocirc;le non moindre que les armes dans le conflit actuel.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Le nationalisme ukrainien vu de Moscou : du &laquo; nationalisme bourgeois &raquo; au &laquo; fascisme &raquo; (1917-1991)<\/strong><\/span><\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">L&#39;une des affirmations centrales du canon nationaliste russe consiste &agrave; qualifier l&#39;Ukraine de &laquo; pays artificiel &raquo;, qui ne devrait ses fronti&egrave;res actuelles &agrave; nul autre que Staline. Quant &agrave; l&#39;addition de la Crim&eacute;e, en 1954, il s&#39;agirait d&#39;un cadeau ill&eacute;gitime fait &agrave; la R&eacute;publique sovi&eacute;tique d&#39;Ukraine par Nikita Khrouchtchev, lui-m&ecirc;me d&#39;origine ukrainienne. Sur le plan territorial, certes, on ne peut nier que l&#39;unification territoriale de l&#39;Ukraine soit le produit de l&#39;expansion sovi&eacute;tique : en effet, l&#39;union de l&#39;Ukraine de l&#39;Ouest, et en particulier la r&eacute;gion de L&#39;viv, &agrave; l&#39;Ukraine centrale et orientale r&eacute;sulte directement de l&#39;annexion de ces territoires, pris par l&#39;URSS &agrave; la Pologne en 1939. Toutefois, il serait exag&eacute;r&eacute; d&#39;en d&eacute;duire, comme le veut le credo nationaliste russe, que la nation ukrainienne n&#39;a pas eu d&#39;existence r&eacute;elle avant son &eacute;mancipation inopin&eacute;e, provoqu&eacute;e par la chute de l&#39;URSS en 1991. Tout comme il serait faux de circonscrire le nationalisme ukrainien &agrave; la seule province galicienne de L&#39;viv.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">En fait, l&#39;Ukraine ind&eacute;pendante est le produit complexe de deux courants contemporains, agissant en parall&egrave;le, quoique en apparence oppos&eacute;s : d&#39;un c&ocirc;t&eacute;, l&#39;h&eacute;ritage de sept d&eacute;cennies de construction semi-&eacute;tatique sous le contr&ocirc;le du r&eacute;gime sovi&eacute;tique et, de l&#39;autre, la construction identitaire du mouvement de r&eacute;sistance nationaliste &agrave; ce r&eacute;gime, qui forma apr&egrave;s 1991 la base id&eacute;ologique du nouvel Etat ukrainien. Paradoxalement, le r&eacute;gime sovi&eacute;tique a probablement contribu&eacute; autant, sinon plus, &agrave; l&#39;&eacute;dification d&#39;une nation ukrainienne que ne l&#39;ont fait les r&eacute;sistants de l&#39;OUN ou les dissidents nationalistes de l&#39;&egrave;re brejn&eacute;vienne. En dotant la R&eacute;publique sovi&eacute;tique d&#39;Ukraine d&#39;une langue officielle d&#39;Etat, l&#39;ukrainien, d&#39;une capitale, d&#39;abord Khar&#39;kov, puis Kiev, de structures de type quasi-&eacute;tatique, et m&ecirc;me d&#39;un si&egrave;ge &agrave; l&#39;ONU, les autorit&eacute;s sovi&eacute;tiques ont de fait cr&eacute;&eacute; en Ukraine les conditions au sein desquelles une construction identitaire &eacute;tait susceptible de se d&eacute;velopper.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Toutefois, les autorit&eacute;s sovi&eacute;tiques ont eu une relation pour le moins ambigu&euml; &agrave; l&#39;&eacute;gard du d&eacute;veloppement d&#39;une identit&eacute; ukrainienne. Dans l&#39;id&eacute;ologie marxiste, le &laquo; nationalisme bourgeois &raquo; &eacute;tait per&ccedil;u comme un instrument utilis&eacute; par la classe dirigeante capitaliste et visant &agrave; diviser le prol&eacute;tariat pour mieux r&eacute;gner, le d&eacute;tournant de la lutte des classes. Mais le nationalisme pouvait aussi &ecirc;tre utilis&eacute; pour lutter contre l&#39;oppression de certains peuples par d&#39;autres ; ainsi, le soul&egrave;vement national des peuples contre le joug imp&eacute;rialiste &eacute;tait-il reconnu comme un premier pas vers l&#39;&eacute;mancipation du prol&eacute;tariat en tant que classe. Cependant, &agrave; terme, l&#39;identit&eacute; nationale &eacute;tait vou&eacute;e &agrave; dispara&icirc;tre au profit d&#39;une union internationale du prol&eacute;tariat. De fait, l&#39;Union des R&eacute;publiques Socialistes Sovi&eacute;tiques fut con&ccedil;ue comme un projet d&eacute;tach&eacute; de toute id&eacute;e nationale, &eacute;tablissant une nationalit&eacute; sovi&eacute;tique priv&eacute;e de tout contenu ethnique, &agrave; l&#39;instar des Etats-Unis d&#39;Am&eacute;rique. Mais il s&#39;agissait l&agrave; d&#39;un id&eacute;al qui n&#39;&eacute;tait pas encore une r&eacute;alit&eacute; : L&eacute;nine estimait que l&#39;Empire russe &eacute;tait &laquo; une prison des peuples &raquo; et reconnaissait la n&eacute;cessit&eacute; d&#39;accorder une certaine autonomie nationale aux r&eacute;publiques formant l&#39;URSS, &eacute;tant donn&eacute; que la question nationale serait encore amen&eacute;e &agrave; exister un certain temps. Il s&#39;agissait aussi de contrebalancer la propension du &laquo; chauvinisme grand-russe &raquo; &agrave; opprimer les peuples voisins. Les premi&egrave;res ann&eacute;es suivant la R&eacute;volution de 1917 furent donc marqu&eacute;es par la mise en place de la politique de korenizatsiia (&laquo; indig&eacute;nisation &raquo;, ou litt&eacute;ralement &laquo; enracinement &raquo;), consistant &agrave; promouvoir les langues et cultures &laquo; titulaires &raquo; des R&eacute;publiques sovi&eacute;tiques et des &eacute;chelons administratifs inf&eacute;rieurs, tout en encourageant la s&eacute;lection de cadres issus de ces nations. Le but &eacute;tait d&#39;asseoir solidement le r&eacute;gime sovi&eacute;tique dans la p&eacute;riph&eacute;rie de l&#39;URSS et d&#39;agir pour contrer les effets de la politique tsariste de russification.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Cependant, Staline percevait la politique de korenizatsiia comme provisoire, et si, en 1923, il consid&eacute;rait le &laquo; nationalisme grand-russe &raquo; comme un plus grand danger que les nationalismes locaux, d&egrave;s 1930 il annon&ccedil;ait le but ultime de la fusion des cultures nationales en une culture internationale. Les ann&eacute;es 1930 virent un revirement partiel sur la question nationale, dans le contexte des purges et r&eacute;pressions politiques. Ce changement de cap fut particuli&egrave;rement douloureux en Ukraine, traditionnel grenier &agrave; bl&eacute; de l&#39;Empire russe, qui dut successivement encaisser le choc de la collectivisation forc&eacute;e de l&#39;agriculture, accompagn&eacute;e de r&eacute;pressions contre les paysans ais&eacute;s (koulaks) et les r&eacute;pressions politiques de 1937-8, qui cibl&egrave;rent particuli&egrave;rement le &laquo; nationalisme bourgeois &raquo; ukrainien, identifi&eacute; dans toutes les manifestations ind&eacute;pendantes de la culture ukrainienne. En 1932-33, l&#39;Ukraine de l&#39;Est et du Sud fut en proie &agrave; une famine artificielle qui fit environ 3,5 millions de victimes et que les Ukrainiens consid&egrave;rent comme un g&eacute;nocide. Puis, au cours des ann&eacute;es suivantes, les &eacute;lites politiques, religieuses et intellectuelles ukrainiennes furent progressivement d&eacute;cim&eacute;es par les r&eacute;pressions. Bien que l&#39;existence d&#39;un plan g&eacute;nocidaire pr&eacute;cis n&#39;ait jamais &eacute;t&eacute; prouv&eacute;e, il est certain que la position frontali&egrave;re de l&#39;Ukraine, dans le contexte d&#39;une d&eacute;t&eacute;rioration des relations avec la Pologne et l&#39;Allemagne, a jou&eacute; un r&ocirc;le dans l&#39;exacerbation d&#39;une parano&iuml;a vis-&agrave;-vis du nationalisme ukrainien. Il faut aussi ajouter que l&#39;Ukraine avait &eacute;t&eacute; l&#39;un des grands th&eacute;&acirc;tres de la guerre civile, qui avait vu la lutte de l&#39;Arm&eacute;e Rouge, non seulement contre les arm&eacute;es blanches du G&eacute;n&eacute;ral Denikine, mais &eacute;galement contre les anarchistes ukrainiens conduits par Nestor Makhno et l&#39;Arm&eacute;e populaire ukrainienne men&eacute;s par le nationaliste Simon Petlioura, dirigeant momentan&eacute; d&#39;une Ukraine ind&eacute;pendante &eacute;ph&eacute;m&egrave;re, alli&eacute;e aux forces de l&#39;Entente anti-bolch&eacute;vique. Puis aux combats de la guerre civile avaient succ&eacute;d&eacute; une guerre contre la Pologne, en 1919-1921, qui avait permis &agrave; Varsovie de prendre le contr&ocirc;le de l&#39;Ukraine et la Bi&eacute;lorussie occidentales actuelles. Ces circonstances expliquent la m&eacute;fiance particuli&egrave;re que le r&eacute;gime stalinien et ses successeurs entretinrent vis-&agrave;-vis du nationalisme ukrainien dans les d&eacute;cennies qui suivirent.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Toutefois, ce furent les &eacute;v&egrave;nements de la Seconde guerre mondiale qui donn&egrave;rent un visage concret &agrave; la menace nationaliste ukrainienne. Avec l&#39;annexion de l&#39;Ukraine occidentale par l&#39;URSS en 1939, le berceau du nationalisme ukrainien tombait sous la coupe de Moscou. C&#39;est en 1929 que l&#39;Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) avait vu le jour, par l&#39;union de structures nationalistes ukrainiennes impliqu&eacute;es dans des attentats terroristes contre des personnalit&eacute;s politiques polonaises. Cette organisation partageait avec ses contemporains fascistes et nazis un credo exigeant de ses membres une soumission totale &agrave; l&#39;id&eacute;ologie nationaliste, pla&ccedil;ant lutte pour la lib&eacute;ration nationale au-dessus de toute autre valeur. Bien que des pourparlers avec les services de renseignements de l&#39;arm&eacute;e allemande (Abwehr) aient eu lieu d&egrave;s le d&eacute;but des ann&eacute;es 1930, l&#39;OUN se distancia initialement de l&#39;Allemagne, qui ne semblait pas encline &agrave; soutenir les aspirations &agrave; la souverainet&eacute; de l&#39;Ukraine. Cependant, l&#39;annexion de la Galicie et de la Volhynie par l&#39;URSS et la perspective de l&#39;invasion allemande de 1941 chang&egrave;rent la donne : cette fois, une collaboration avec l&#39;Allemagne semblait pouvoir permettre la proclamation d&#39;un Etat ukrainien ind&eacute;pendant. C&#39;est dans cette perspective que la fraction de l&#39;OUN dirig&eacute;e par Stepan Bandera forma deux bataillons arm&eacute;s sous l&#39;&eacute;gide de la Wehrmacht et envoya ses &eacute;missaires &agrave; L&#39;viv, dans le sillage de l&#39;arm&eacute;e allemande, d&eacute;clarer l&#39;ind&eacute;pendance de l&#39;Ukraine le 30 juin 1941. Si le but &eacute;tait de placer l&#39;Allemagne devant un fait accompli, ce fut un &eacute;chec : cette d&eacute;claration entra&icirc;na l&#39;arrestation de Bandera et d&#39;autres chefs du mouvement nationaliste ukrainien, qui ne furent lib&eacute;r&eacute;s qu&#39;en 1944. Par la suite, la fraction de l&#39;OUN-B (dirig&eacute;e par Bandera) continua son combat pour une Ukraine ind&eacute;pendante en luttant activement contre l&#39;occupant allemand, et en 1943, s&#39;allia &agrave; l&#39;Arm&eacute;e Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA), fond&eacute;e en 1941 en Ukraine occidentale. En 1943, l&#39;arm&eacute;e allemande recruta 52 000 volontaires ukrainiens, enr&ocirc;l&eacute;s au sein de la &quot;SS-Sch&uuml;tzen-Division Galizien&quot; &ndash; un projet oppos&eacute; par l&#39;OUN. Mais en 1944, alors que l&#39;Arm&eacute;e Rouge gagnait de nouveau du terrain, un nouveau renversement d&#39;alliance eut lieu, et les chefs nationalistes fra&icirc;chement lib&eacute;r&eacute;s des camps de concentration allemands accept&egrave;rent de combattre de nouveau au c&ocirc;t&eacute; de l&#39;Allemagne.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Ainsi, la collaboration entre l&#39;OUN et l&#39;Allemagne nazie fut-elle des deux c&ocirc;t&eacute;s purement opportuniste et tactique, plut&ocirc;t qu&#39;id&eacute;ologique. Toutefois, une certaine affinit&eacute; id&eacute;ologique existait bel et bien, comme en t&eacute;moignent les crimes contre l&#39;humanit&eacute; qui sont aujourd&#39;hui encore incrimin&eacute;s &agrave; l&#39;OUN et l&#39;UPA : en particulier le massacre de Volhynie, un cas de nettoyage ethnique contre la population polonaise de cette r&eacute;gion, qui aurait fait jusqu&#39;&agrave; 80 000 victimes ; ainsi qu&#39;une participation directe et indirecte des nationalistes ukrainiens &agrave; l&#39;Holocauste, notamment par l&#39;encouragement de pogroms &ndash; les Juifs &eacute;tant accus&eacute;s d&#39;avoir soutenu l&#39;occupation sovi&eacute;tique de l&#39;Ukraine occidentale.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">On ne saurait s&#39;&eacute;tonner, d&egrave;s lors, de la diabolisation des nationalistes ukrainiens par la propagande stalinienne dans l&#39;apr&egrave;s-guerre pour leur colaboration avec l&#39;envahisseur nazi, et ce d&#39;autant plus que le combat contre les r&eacute;sistants de l&#39;OUN ne s&#39;acheva qu&#39;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1950. Le terme d&eacute;rogatoire de &laquo; banderovets &raquo; (form&eacute; sur le nom de Stepan Bandera), souvent associ&eacute; &agrave; celui de &laquo; fasciste &raquo;, fut adopt&eacute; pour d&eacute;signer les nationalistes ukrainiens, et la lutte contre le &laquo; nationalisme bourgeois &raquo; en Ukraine se poursuivit dans l&#39;apr&egrave;s-guerre. Parall&egrave;lement, le nationalisme russe, longtemps r&eacute;prim&eacute; par les Bolch&eacute;viques, avait fait pour la premi&egrave;re fois r&eacute;surgence officiellement pendant la guerre, encourag&eacute; au plus haut niveau par Staline, qui y voyait un outil de propagande utile. D&egrave;s lors, le peuple russe recouvrait son statut de &laquo; premier entre les peuples &eacute;gaux d&#39;URSS &raquo;. D&egrave;s lors, remettre en cause cette supr&eacute;matie &eacute;quivalait &agrave; une manifestation de &laquo; nationalisme bourgeois &raquo;.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Dans la p&eacute;riode poststalinienne, Nikita Khrouchtchev, loin de favoriser la nation dont il &eacute;tait issu, assouplit la politique nationale dans un sens qui tendait &agrave; favoriser une russification de la p&eacute;riph&eacute;rie. Parall&egrave;lement, la m&eacute;fiance envers le nationalisme ukrainien demeurait particuli&egrave;rement &eacute;lev&eacute;e, et s&#39;intensifia apr&egrave;s l&#39;arriv&eacute;e de Leonid Brejnev au pouvoir. En 1965, alors que les r&eacute;pressions contre les intellectuels ukrainiens reprenaient, le nationaliste Ivan Dziouba signait un pamphlet intitul&eacute; &laquo; Internationalisme ou Russification ? &raquo;. Le texte, envoy&eacute; par son auteur aux autorit&eacute;s sovi&eacute;tiques et de la R&eacute;publique sovi&eacute;tique d&#39;Ukraine, commen&ccedil;a &eacute;galement &agrave; circuler en samizdat. Sur la base de la th&eacute;orie marxiste-l&eacute;niniste, Dziouba d&eacute;non&ccedil;ait l&#39;adoption par le Parti des positions du &laquo; chauvinisme grand-russe &raquo; et demandait le retour aux principes l&eacute;ninistes sur la question nationale. Toutefois, cet appel ne fut pas entendu, et les actions d&#39;intellectuels, po&egrave;tes et &eacute;crivains ukrainiens visant &agrave; raviver la flamme de la culture ukrainienne rencontr&egrave;rent une opposition croissante. Au cours des deux d&eacute;cennies suivantes, les dissidents ukrainiens furent, avec leurs homologues baltes, les principales victimes de la r&eacute;pression brejn&eacute;vienne et vinrent remplir les rangs des prisonniers politiques d&eacute;tenus dans les camps de Mordovie et de l&#39;Oural et les h&ocirc;pitaux psychiatriques p&eacute;nitentiaires, accus&eacute;s de &laquo; subversion de l&#39;autorit&eacute; sovi&eacute;tique &raquo;. En r&eacute;action, le combat de la dissidence ukrainienne se fit de plus en plus d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;. Dans un bulletin clandestin publi&eacute; en Occident en 1976 sous le titre &laquo; Ethnocide des Ukrainiens en URSS &raquo;, les auteurs documentaient ce qu&#39;ils qualifiaient de &laquo; la destruction forc&eacute;e de la nation ukrainienne par g&eacute;nocide physique et russification forc&eacute;e&raquo; .<sup>(iv)<\/sup>&nbsp;Jusqu&#39;&agrave; la chute de l&#39;URSS, le nationalisme ukrainien fut donc violemment r&eacute;prim&eacute;, &eacute;tant per&ccedil;u par le r&eacute;gime, non sans raison, comme une menace &agrave; son existence m&ecirc;me.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>L&#39;Ukraine ind&eacute;pendante : glorification de Bandera et r&eacute;volutions nationales<\/strong><\/span><\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">L&#39;Ukraine contemporaine constitue un produit direct de ces deux influences, sovi&eacute;tique et nationaliste, qui s&#39;expriment avec plus ou moins d&#39;intensit&eacute; selon les r&eacute;gions, suivant un gradient est-ouest. Alors que l&#39;Ouest ukrainophone, plus tardivement incorpor&eacute; &agrave; l&#39;URSS et marqu&eacute; par l&#39;&eacute;mergence pr&eacute;coce de groupes nationalistes, a traditionnellement soutenu une trajectoire europ&eacute;enne pour le pays, l&#39;Est russophone est rest&eacute; fid&egrave;le &agrave; ses profonds liens &eacute;conomiques, culturels et personnels avec la Russie. Sur le plan m&eacute;moriel, une dichotomie semblable se dessine : alors que l&#39;Ouest &eacute;difie des monuments &agrave; la gloire de Bandera et milite pour l&#39;octroi aux v&eacute;t&eacute;rans de l&#39;UPA de pensions d&#39;anciens combattants, l&#39;Est reste profond&eacute;ment attach&eacute; &agrave; la version sovi&eacute;tique de l&#39;histoire de la Grande Guerre Patriotique, qui glorifie l&#39;h&eacute;ro&iuml;sme des combattants de l&#39;Arm&eacute;e Rouge contre l&#39;ennemi &laquo; fasciste &raquo;. Ces fractures m&eacute;morielles ont donn&eacute; lieu &agrave; des revirements spectaculaires, au gr&eacute; des bouleversements politiques : &agrave; la reconnaissance du Holodomor (la famine de 1932-33) comme &laquo; g&eacute;nocide du peuple ukrainien &raquo; par le Pr&eacute;sident Viktor Iouchtchenko en 2006 a succ&eacute;d&eacute; le d&eacute;saveu de Viktor Ianoukovytch quatre ans plus tard sur cette m&ecirc;me question &ndash; une concession opportune &agrave; la Russie.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Vu de Moscou, la division entre Ukraine occidentale et orientale appara&icirc;t magnifi&eacute;e, et la nature mouvante de ces divisions tend &agrave; &eacute;chapper au Kremlin. Ainsi, lorsque Iouchtchenko remporta le troisi&egrave;me tour de l&#39;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle en 2004, apr&egrave;s la &laquo;R&eacute;volution Orange&raquo;, ce fut un basculement inattendu du centre du pays dans le camp nationaliste qui s&#39;op&egrave;ra. Cinq ans durant, la nouvelle &eacute;quipe pr&eacute;sidentielle, encline &agrave; l&eacute;galiser dans le champ m&eacute;moriel, fut diabolis&eacute;e par la propagande russe, assimil&eacute;e aux &laquo; fascistes &raquo;, &laquo; banderovtsy &raquo; qu&#39;elle tentait de r&eacute;habiliter. Avec l&#39;Euroma&iuml;dan de 2013 et la r&eacute;volution de f&eacute;vrier 2014, la participation de forces nationalistes extr&eacute;mistes, telles que le Parti Svoboda et la fraction paramilitaire Pravyi Sektor, &eacute;tait trop frappante pour ne pas &ecirc;tre soulign&eacute;e par le Kremlin. Non seulement des &laquo; fascistes &raquo; se r&eacute;clamant de l&#39;h&eacute;ritage de Bandera occupaient les premiers rangs de la contestation, mais les codes nationalistes, tel que le cri de guerre de l&#39;OUN &laquo;Gloire &agrave; l&#39;Ukraine! Gloire aux H&eacute;ros!&raquo; se g&eacute;n&eacute;ralisaient parmi les manifestants, et devinrent au cours des mois suivants des symboles de la r&eacute;sistance nationale &agrave; l&#39;envahisseur russe.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">En Crim&eacute;e, &agrave; Donetsk ou Louhansk, tout comme &agrave; Moscou, les m&eacute;dias russes ont su habilement exploiter les craintes de la population face &agrave; cette d&eacute;ferlante, semblant incontr&ocirc;lable, &agrave; laquelle il &eacute;tait ais&eacute; d&#39;appliquer le label bien connu de &laquo; fasciste &raquo;. C&#39;est sur cette peur, ajout&eacute;e &agrave; une nostalgie rest&eacute;e tr&egrave;s forte de l&#39;&eacute;poque sovi&eacute;tique, que les troupes russes ont pu s&#39;appuyer en mars 2014 pour faire passer le r&eacute;f&eacute;rendum d&#39;ind&eacute;pendance de la Crim&eacute;e. C&#39;est cette m&ecirc;me crainte qui a facilit&eacute; l&#39;insurrection s&eacute;paratiste au Sud-Est de l&#39;Ukraine. Mais plus encore, c&#39;est &agrave; Moscou et en province que ces repr&eacute;sentations caricaturales, v&eacute;hicul&eacute;es par des cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision sous contr&ocirc;le, ont pu galvaniser la population autour de l&#39;annexion de la Crim&eacute;e et de la cause s&eacute;paratiste. Alors que les &eacute;lections de mai 2014 auraient pu dissiper le fant&ocirc;me d&#39;une Ukraine fasciste et d&eacute;montrer l&#39;unification nouvelle du pays dans sa r&eacute;sistance &agrave; l&#39;agression ext&eacute;rieure, la propagande russe continue de dessiner une Ukraine divis&eacute;e : si l&#39;Ouest a &eacute;t&eacute; perdu aux &laquo; fascistes &raquo;, l&#39;Est sain continue de se battre pour d&eacute;fendre son all&eacute;geance culturelle et politique au &laquo; monde russe &raquo; et &agrave; Moscou.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/span><\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Browne, Michael, Chornovil, Viacheslav, Ferment in the Ukraine: Documents, Londres, Macmillan, 1971.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Himka. John-Paul, &quot;The History behind the regional conflict in Ukraine&quot;, Kritika: Explorations in Russian and Eurasian History, vol. 16, n&deg;1 (Hiver 2015), pp 129&ndash;36.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Marples, David R. &quot;Stepan Bandera: The resurrection of a National Hero&quot;, Europe-Asia Studies, Vol. 58, n&deg;4 (Juin 2006), pp. 555-566.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Portnov, Andryi, &quot;Memory Wars in Post-Soviet Ukraine (1991-2010),&quot; in Blaker, Uilleam, Etkind, Alexander, Fedor, Julie, Memory and Theory in Eastern Europe, New York, Palgrave Macmillan, 2013, pp 233-254.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">Slezkine, Yuri, &quot;The USSR as a Communal Apartment, or How a Socialist State Promoted Ethnic Particularism,&quot; Slavic Review, Vol. 53, n&deg; 2 (Et&eacute; 1994), pp 414&ndash;452.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">&#8212;&#8212;-<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t<span style=\"color:#646464;\">(i) L&#39;Organisation des Nationalistes Ukrainiens.<br \/>\n\t(ii) L&#39;Arm&eacute;e Insurrectionnelle Ukrainienne.<br \/>\n\t(iii) Voir &laquo; &laquo; Que l&#39;Ukraine br&ucirc;le ! &raquo; scandent les &laquo; anti-Ma&iuml;dan &raquo; &agrave; Moscou &raquo;, Le Monde, 21 f&eacute;vrier 2015.<br \/>\n\t(iv) Maksym, Sahaydak, Khmara, Stepan, Ethnocide of Ukrainians in the U.S.S.R., Spring 1974: An Underground Journal from Soviet Ukraine, Smoloskyp Publishers, 1976, 11.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.7999992370605px; text-align: justify;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial,sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.8px; text-align: right;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial,sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.8px; text-align: right;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"padding: 0px; margin: 0px 0px 7px; color: rgb(0, 0, 0); font-family: Arial,sans-serif; font-size: 12px; line-height: 16.8px; text-align: right;\">\n\t<span style=\"font-size:12px;\"><em>Mise &agrave; jour le Samedi, 21 Mars 2015 22:17 <\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">Barbara Martin Graduate Institute of International and Development Studies, Geneva &nbsp; Papiers d&#39;actualit&eacute; \/ Current Affairs in Perspective Fondation Pierre du Bois No 3, March 2015 &nbsp; Read, save or print the&nbsp;pdf&nbsp;version of this article. L&#39;assassinat de l&#39;opposant russe Boris Nemtsov, le 27 f&eacute;vrier 2015, a &eacute;t&eacute; accueilli avec une grande &eacute;motion en Russie. 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