{"id":4865,"date":"2015-05-07T08:48:58","date_gmt":"2015-05-07T08:48:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/?page_id=4865"},"modified":"2017-02-13T13:01:43","modified_gmt":"2017-02-13T13:01:43","slug":"leuro-et-le-defi-de-la-gouvernance-economique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/leuro-et-le-defi-de-la-gouvernance-economique\/","title":{"rendered":"L\u2019euro et le d\u00e9fi de la gouvernance \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<div>\n\tGilles Grin\n<\/div>\n<div>\n\tVice-directeur de la Fondation Jean Monnet pour l&#39;Europe, Lausanne\n<\/div>\n<div>\n\tCharg&eacute; de cours &agrave; l&#39;Institut d&#39;&eacute;tudes politiques et internationales de l&#39;Universit&eacute; de Lausanne\n<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;\n<\/div>\n<p style=\"color:#CF1930; text-align: right;\">\n\t<strong>P<\/strong><strong>apiers d&#39;actualit&eacute;\/ Current Affairs in Perspective<br \/>\n\tFondation Pierre du Bois<br \/>\n\tSeptember&nbsp;2010, No 7\/ 2010<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"color:#CF1930;\">\n\tRead, save or print the <a href=\"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/no7_2010_euro.pdf\" target=\"_blank\">pdf<\/a> version of this article.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Une crise grave<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Europe vit actuellement une grave crise, sans pr&eacute;c&eacute;dent depuis les ann&eacute;es 1930. A une crise du syst&egrave;me bancaire et financier est venue s&rsquo;ajouter une crise &eacute;conomique. Les d&eacute;ficits publics ont atteint des niveaux record (en moyenne 7% du produit int&eacute;rieur brut dans l&rsquo;Union europ&eacute;enne) et la crise de l&rsquo;endettement public s&rsquo;est exacerb&eacute;e (celui-ci devant atteindre en moyenne 84% du PIB dans l&rsquo;UE &agrave; fin 2010). Dans certains Etats membres, la situation est pire encore.\n<\/p>\n<p>\n\tLe redressement en cours est encore fragile et les mesures d&rsquo;assainissement font mal. Si ces mesures &eacute;taient trop abruptes, elles pourraient compromettre la reprise de la croissance et porter des coups de canif au tissu social de nombre de pays dans lesquels le taux de ch&ocirc;mage a atteint des niveaux inqui&eacute;tants. Les Etats sociaux europ&eacute;ens jouent traditionnellement un r&ocirc;le stabilisateur en p&eacute;riode de crise mais leurs co&ucirc;ts menacent d&rsquo;exploser. Dans de nombreux pays, les probl&egrave;mes se cumulent&nbsp;: crise d&eacute;mographique &agrave; venir, lourdes bureaucraties, imp&ocirc;ts &eacute;lev&eacute;s, faiblesse de l&rsquo;innovation, manque de flexibilit&eacute; des march&eacute;s et baisse du rythme des r&eacute;formes structurelles. Les &eacute;carts de comp&eacute;titivit&eacute;, en particulier entre l&rsquo;Allemagne et certains pays du Sud, sont aussi source d&rsquo;inqui&eacute;tude. Rappelons &agrave; cet &eacute;gard que, dans les ann&eacute;es 1970 d&eacute;j&agrave;, des divergences &eacute;conomiques fortes entre Etats membres des Communaut&eacute;s europ&eacute;ennes avaient bloqu&eacute; le projet de cr&eacute;ation d&rsquo;une union &eacute;conomique et mon&eacute;taire.\n<\/p>\n<p>\n\tOutre sa gravit&eacute;, la crise actuelle a la particularit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre la premi&egrave;re crise s&eacute;rieuse que traverse l&rsquo;euro, monnaie unique de 16 des 27 Etats membres de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. 318 millions d&rsquo;Europ&eacute;ens partagent la m&ecirc;me monnaie et seront rejoints le 1<sup>er<\/sup> janvier 2011 par les Estoniens. La monnaie unique existe depuis 1999 et son test de v&eacute;rit&eacute; semble &ecirc;tre venu. Si la crise &eacute;tait mal g&eacute;r&eacute;e par les dirigeants europ&eacute;ens, une d&eacute;sint&eacute;gration mon&eacute;taire serait th&eacute;oriquement envisageable, ce qui serait porteur de grands risques pour le march&eacute; int&eacute;rieur et pour l&rsquo;Union europ&eacute;enne en g&eacute;n&eacute;ral. Mais l&rsquo;historien sait que l&rsquo;Union europ&eacute;enne n&rsquo;est pas une construction facile et que son d&eacute;veloppement a &eacute;t&eacute; sem&eacute; de crises et de relances. Le r&eacute;sultat final d&eacute;pendra de la volont&eacute; collective des Europ&eacute;ens. La nature de l&rsquo;exp&eacute;rience historique, l&rsquo;importance des enjeux et les mesures prises au cours des derniers mois incitent plut&ocirc;t &agrave; l&rsquo;optimisme.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>L&rsquo;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire en perspective<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tAvec la cr&eacute;ation de la monnaie unique, la politique mon&eacute;taire des Etats membres de la zone euro a &eacute;t&eacute; f&eacute;d&eacute;ralis&eacute;e. Cela repr&eacute;sente une sorte de parach&egrave;vement du march&eacute; int&eacute;rieur et de l&rsquo;int&eacute;gration &eacute;conomique et, sur le plan politique, le transfert &agrave; une entit&eacute; supranationale de l&rsquo;un des attributs r&eacute;galiens essentiels d&rsquo;un Etat. Le succ&egrave;s de l&rsquo;euro depuis plus de 10 ans se traduit par l&rsquo;existence d&rsquo;une zone de stabilit&eacute; mon&eacute;taire et par une faible inflation. L&rsquo;int&eacute;gration mon&eacute;taire de l&rsquo;Europe est ainsi devenue l&rsquo;un des piliers majeurs de l&rsquo;&eacute;difice de paix et de prosp&eacute;rit&eacute; initi&eacute; progressivement apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale. L&rsquo;euro est par ailleurs une monnaie forte dont le r&ocirc;le et le poids internationaux vont en s&rsquo;affermissant.\n<\/p>\n<p>\n\tPour comprendre d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;Europe vient, il faut remonter &agrave; l&rsquo;apr&egrave;s Seconde Guerre mondiale. Les Etats-Unis &eacute;taient sortis plus puissants que jamais du conflit. Tel n&rsquo;&eacute;tait pas le cas de l&rsquo;Europe, affaiblie et qui plus est divis&eacute;e en deux blocs par la guerre froide. La premi&egrave;re t&acirc;che de l&rsquo;Europe occidentale fut donc de se relever. En mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;changes, l&rsquo;Union europ&eacute;enne des paiements &eacute;tablie en 1950 dans le cadre de l&rsquo;Organisation europ&eacute;enne de coop&eacute;ration &eacute;conomique (OECE) a permis de r&eacute;tablir un syst&egrave;me multilat&eacute;ral de clearing, c&rsquo;est-&agrave;-dire la compensation des exc&eacute;dents et des d&eacute;ficits.\n<\/p>\n<p>\n\tLa principale raison pour laquelle les trait&eacute;s de Rome de 1957 n&rsquo;&eacute;voquaient pas la cr&eacute;ation d&rsquo;une monnaie unique r&eacute;sidait dans le fait que les Etats-Unis avaient mis sur pied un ordre mon&eacute;taire &agrave; vocation internationale que l&rsquo;on a appel&eacute; le syst&egrave;me de Bretton Woods, du nom d&rsquo;une petite ville du New Hampshire aux Etats-Unis o&ugrave; se tint une conf&eacute;rence internationale en 1944. Avec les accords de Bretton Woods, le dollar am&eacute;ricain &eacute;tait plac&eacute; au centre du syst&egrave;me mon&eacute;taire international, reli&eacute; &agrave; l&rsquo;or par une parit&eacute; fixe, et se voyait consacr&eacute; comme l&rsquo;&eacute;gal du m&eacute;tal jaune. Les autres monnaies se situaient par rapport au dollar et &agrave; l&rsquo;or dans un syst&egrave;me de taux de change fixes que l&rsquo;on a nomm&eacute; &laquo;&nbsp;&eacute;talon de change or&nbsp;&raquo;. Il faut se rappeler qu&rsquo;apr&egrave;s la guerre on r&eacute;pugnait &agrave; avoir des taux de change flottants. Ces derniers avaient en effet mauvaise r&eacute;putation depuis la grande crise des ann&eacute;es 1930. Apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis offraient &agrave; l&rsquo;Europe occidentale non seulement la s&eacute;curit&eacute; mais aussi un ordre mon&eacute;taire stable. Dans ces conditions, les Etats europ&eacute;ens ne voyaient aucune raison de sacrifier l&rsquo;une de leurs comp&eacute;tences r&eacute;galiennes essentielles. L&rsquo;ordre de Bretton Woods semblait leur offrir la panac&eacute;e. C&rsquo;est dans ce contexte que l&rsquo;Accord mon&eacute;taire europ&eacute;en de 1958 rempla&ccedil;a l&rsquo;Union europ&eacute;enne des paiements, &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de l&rsquo;Europe occidentale enti&egrave;re et non des seuls six Etats membres des Communaut&eacute;s naissantes. Malgr&eacute; le travail de pr&eacute;curseur de Jean Monnet et de son Comit&eacute; d&rsquo;action pour les Etats-Unis d&rsquo;Europe &agrave; partir de la seconde partie des ann&eacute;es 1950, rares &eacute;taient les personnes &agrave; se soucier d&rsquo;unification financi&egrave;re et mon&eacute;taire en Europe dans les ann&eacute;es 1950 et 1960.\n<\/p>\n<p>\n\tD&egrave;s les ann&eacute;es 1960, l&rsquo;ordre mon&eacute;taire international de Bretton Woods commen&ccedil;a &agrave; craquer du fait des fortes d&eacute;penses am&eacute;ricaines pour financer l&rsquo;effort de guerre au Vietnam et le projet de &laquo;&nbsp;nouvelle soci&eacute;t&eacute;&nbsp;&raquo; cher au pr&eacute;sident Lyndon B. Johnson. En cons&eacute;quence, les Etats-Unis vivaient au-dessus de leurs moyens et finan&ccedil;aient leur train de vie par l&rsquo;&eacute;mission de dollars qui s&rsquo;empilaient chez leurs partenaires. Il devenait in&eacute;vitable qu&rsquo;&agrave; un moment ou un autre la maxime postulant que le dollar &eacute;tait aussi bon que l&rsquo;or serait remise en cause. La crise &eacute;clata en 1968, conduisant en quelques ann&eacute;es &agrave; l&rsquo;enterrement du syst&egrave;me des taux de change fixes.\n<\/p>\n<p>\n\tLors du sommet de La Haye en d&eacute;cembre 1969, les chefs d&rsquo;Etat ou de gouvernement des six pays membres des Communaut&eacute;s europ&eacute;ennes affich&egrave;rent un grand optimisme incluant une ambition mon&eacute;taire, initiant un projet d&rsquo;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire. Clairement, ce projet &eacute;tait le fruit des circonstances et de la n&eacute;cessit&eacute; plus que d&rsquo;une vision articul&eacute;e des finalit&eacute;s de la construction europ&eacute;enne. L&rsquo;ann&eacute;e suivante, le rapport Werner se penchait sur les modalit&eacute;s de cr&eacute;ation d&rsquo;une monnaie unique. En 1972, les dirigeants europ&eacute;ens affich&egrave;rent l&rsquo;objectif de cr&eacute;er entre eux une union &eacute;conomique et mon&eacute;taire d&rsquo;ici 1980.\n<\/p>\n<p>\n\tD&eacute;j&agrave; au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970 on trouvait un int&eacute;ressant d&eacute;bat entre les th&egrave;ses des &laquo;&nbsp;&eacute;conomistes&nbsp;&raquo; et celles des &laquo;&nbsp;mon&eacute;taires&nbsp;&raquo;. Pour les premiers, au nombre desquels on compte les Allemands, il faut d&rsquo;abord assurer une convergence &eacute;conomique entre Etats qui permette de pr&eacute;parer l&rsquo;unification mon&eacute;taire. Pour les Fran&ccedil;ais partisans de la th&egrave;se &laquo;&nbsp;mon&eacute;taire&nbsp;&raquo;, il n&rsquo;y a pas besoin de convergence &eacute;conomique pr&eacute;alable entre Etats. On pourrait donc cr&eacute;er une union mon&eacute;taire et les &eacute;conomies nationales s&rsquo;y ajusteraient automatiquement.\n<\/p>\n<p>\n\tDans la p&eacute;riode troubl&eacute;e du d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, les Europ&eacute;ens voyaient qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait plus possible de garder des parit&eacute;s stables entre leurs monnaies et le dollar am&eacute;ricain. Mais il y avait plus grave pour eux&nbsp;: leurs monnaies divergeaient entre elles. Les efforts pour emp&ecirc;cher des divergences trop fortes au moyen d&rsquo;un m&eacute;canisme que l&rsquo;on a appel&eacute; le &laquo;&nbsp;Serpent&nbsp;&raquo; n&rsquo;&eacute;taient pas concluants. Le choc p&eacute;trolier de 1973 et la s&eacute;v&egrave;re crise qui s&rsquo;ensuivit aggrav&egrave;rent encore les divergences entre &eacute;conomies nationales et le projet d&rsquo;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire sombra. Les d&eacute;r&egrave;glements mon&eacute;taires et l&rsquo;inflation s&rsquo;ajout&egrave;rent &agrave; la crise &eacute;conomique et aux difficult&eacute;s li&eacute;es au premier &eacute;largissement de 1973. C&rsquo;est tout l&rsquo;&eacute;difice communautaire qui vacillait.\n<\/p>\n<p>\n\tEn 1978\/79, gr&acirc;ce &agrave; une initiative due &agrave; MM. Jenkins, Giscard d&rsquo;Estaing et Schmidt, respectivement pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;enne, pr&eacute;sident de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise et chancelier de l&rsquo;Allemagne f&eacute;d&eacute;rale, un Syst&egrave;me mon&eacute;taire europ&eacute;en (SME) fut &eacute;tabli afin de recr&eacute;er une stabilit&eacute; entre monnaies nationales. Les d&eacute;buts du SME furent pourtant difficiles, notamment &agrave; cause de la politique &eacute;conomique fran&ccedil;aise adopt&eacute;e par le gouvernement socialiste entre 1981 et 1983. Cette politique de relance &agrave; contre courant de celle des partenaires de la France affaiblissait en effet le franc, for&ccedil;ant plusieurs r&eacute;alignements au sein du SME. En optant en mars 1983 pour une politique du franc fort, le pr&eacute;sident Mitterrand faisait le choix de la rigueur et de l&rsquo;Europe, permettant &agrave; son pays de demeurer dans le SME.\n<\/p>\n<p>\n\tLe formidable trio constitu&eacute; du pr&eacute;sident Mitterrand, du chancelier Kohl et de Jacques Delors, pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;enne &agrave; partir de 1985, allait ensuite exercer une action forte en faveur de la cr&eacute;ation d&rsquo;une monnaie unique europ&eacute;enne. Apr&egrave;s l&rsquo;attribution &agrave; la Communaut&eacute; &eacute;conomique europ&eacute;enne d&rsquo;une &laquo;&nbsp;capacit&eacute; mon&eacute;taire&nbsp;&raquo; dans l&rsquo;Acte unique de 1986, le projet de monnaie unique fut v&eacute;ritablement relanc&eacute; en 1988. Un comit&eacute; pr&eacute;sid&eacute; par Jacques Delors et compos&eacute; notamment des gouverneurs des banques centrales nationales fut en effet charg&eacute; de pr&eacute;parer un rapport sur les modalit&eacute;s de cr&eacute;ation d&rsquo;une union &eacute;conomique et mon&eacute;taire. Ce rapport, dit &laquo;&nbsp;rapport Delors&nbsp;&raquo;, fut pr&eacute;sent&eacute; en avril 1989. En d&eacute;cembre de la m&ecirc;me ann&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire un mois apr&egrave;s la chute du mur de Berlin, le pr&eacute;sident Mitterrand arrachait &agrave; ses partenaires lors du Conseil europ&eacute;en de Strasbourg la d&eacute;cision d&rsquo;ouvrir une ann&eacute;e plus tard une conf&eacute;rence intergouvernementale sur l&rsquo;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire. En d&eacute;cembre 1990, la conf&eacute;rence &eacute;tait lanc&eacute;e &agrave; Rome. Elle aboutit, lors du sommet de Maastricht en d&eacute;cembre 1991, &agrave; l&rsquo;adoption du trait&eacute; sur l&rsquo;Union europ&eacute;enne.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le trait&eacute; de Maastricht et ses suites<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLe trait&eacute; vise entre autres &agrave; &eacute;tablir d&rsquo;ici 1999 au plus tard une union &eacute;conomique et mon&eacute;taire, avec la cr&eacute;ation d&rsquo;une Banque centrale europ&eacute;enne ind&eacute;pendante sur le mod&egrave;le de la Bundesbank allemande, dont la mission consistera &agrave; veiller &agrave; la stabilit&eacute; des prix. Seuls les pays satisfaisant &agrave; des crit&egrave;res de convergence concernant le d&eacute;ficit public, la dette publique, l&rsquo;inflation, les taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et les taux de change pouvaient pr&eacute;tendre rejoindre l&rsquo;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire. Cela semblait repr&eacute;senter, vingt ans apr&egrave;s, la victoire des th&egrave;ses des &laquo;&nbsp;&eacute;conomistes&nbsp;&raquo; face aux &laquo;&nbsp;mon&eacute;taires&nbsp;&raquo;. Quant au Royaume-Uni et au Danemark, ils n&eacute;goci&egrave;rent des clauses d&rsquo;exemption. Contrairement aux prescriptions du rapport Delors, le trait&eacute; de Maastricht n&rsquo;entendait pas cr&eacute;er de v&eacute;ritable &laquo;&nbsp;gouvernement &eacute;conomique&nbsp;&raquo; de l&rsquo;Europe, ce sur quoi nous reviendrons.\n<\/p>\n<p>\n\tDepuis les ann&eacute;es 1970, il n&rsquo;y avait plus de syst&egrave;me mon&eacute;taire international digne de ce nom. Les mouvements de yoyo du dollar am&eacute;ricain alimentaient les inqui&eacute;tudes. Les difficiles efforts des pays communautaires en vue de stabiliser leurs monnaies entre elles faillirent &ecirc;tre emport&eacute;s par une grave crise qui survint en deux temps en 1992\/93, c&rsquo;est-&agrave;-dire entre la signature et l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur du trait&eacute; de Maastricht. Comme vingt ans plus t&ocirc;t, les Europ&eacute;ens voyaient leurs efforts menac&eacute;s d&rsquo;&ecirc;tre tu&eacute;s dans l&rsquo;&oelig;uf.\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;&eacute;conomiste Robert Mundell, qui obtint le prix Nobel en 1999, avait quant &agrave; lui bien montr&eacute; depuis longtemps qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait possible d&rsquo;atteindre simultan&eacute;ment que deux des trois objectifs suivants&nbsp;: syst&egrave;me de taux de change fixes, libre circulation des capitaux et politiques mon&eacute;taires nationales autonomes. Etant donn&eacute; l&rsquo;existence du SME visant pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; cr&eacute;er des taux de change fixes (m&ecirc;me si ajustables) et l&rsquo;&eacute;tablissement de la libre circulation des capitaux dans le cadre du programme d&rsquo;ach&egrave;vement du march&eacute; int&eacute;rieur communautaire, les Etats devaient renoncer &agrave; l&rsquo;autonomie de leur politique mon&eacute;taire nationale et c&rsquo;est bien l&rsquo;Allemagne qui, au vu de la force de sa monnaie et de son &eacute;conomie, donnait le ton en Europe.\n<\/p>\n<p>\n\tLes autorit&eacute;s allemandes d&eacute;cid&egrave;rent en 1990, dans le cadre du processus de r&eacute;unification en cours et pour des raisons politiques, que les ostmarks de l&rsquo;ancienne RDA seraient convertis en deutschemarks au taux d&rsquo;un pour un. En cons&eacute;quence, la Banque centrale allemande augmenta ses taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour contenir l&rsquo;inflation naissante. Ces taux &eacute;lev&eacute;s devinrent insupportables pour certains voisins de l&rsquo;Allemagne et les march&eacute;s financiers se mirent &agrave; anticiper des modifications de parit&eacute;s ou des sorties du m&eacute;canisme de change du SME. C&rsquo;est ce dernier cas qui arriva &agrave; la lire italienne et &agrave; la livre sterling britannique en 1992. Suite &agrave; la reprise des attaques contre le franc fran&ccedil;ais en &eacute;t&eacute; 1993, le m&eacute;canisme de change du SME fut <em>de facto<\/em> mis entre parenth&egrave;ses.\n<\/p>\n<p>\n\tDurant les ann&eacute;es 1990, il y eut d&rsquo;hom&eacute;riques d&eacute;bats sur la monnaie unique en d&eacute;pit de l&rsquo;adoption du trait&eacute; de Maastricht, notamment de fortes r&eacute;sistances &agrave; perdre le deutschemark de la part de certains milieux en Allemagne. Avec la marche forc&eacute;e pour atteindre les crit&egrave;res de convergence de Maastricht, des souffrances devaient &ecirc;tre accept&eacute;es &agrave; court terme afin d&rsquo;atteindre un objectif &agrave; moyen terme, ce qui n&rsquo;est jamais ais&eacute; politiquement. Les discussions impos&eacute;es par l&rsquo;Allemagne afin de p&eacute;renniser les crit&egrave;res de convergence apr&egrave;s la cr&eacute;ation de la monnaie unique conduisirent &agrave; l&rsquo;adoption d&rsquo;un Pacte de stabilit&eacute; et de croissance en 1996.\n<\/p>\n<p>\n\tLe 1<sup>er<\/sup> janvier 1999 naissait l&rsquo;euro scriptural, partag&eacute; alors par 11 Etats. Avec l&rsquo;introduction des billets et des pi&egrave;ces en euros le 1<sup>er<\/sup> janvier 2002, l&rsquo;euro entrait v&eacute;ritablement dans la conscience et le portemonnaie des Europ&eacute;ens (c&rsquo;est ce que l&rsquo;on appelle l&rsquo;euro fiduciaire). D&rsquo;autres Etats rejoignirent la zone euro lors d&rsquo;&eacute;largissements successifs&nbsp;: Gr&egrave;ce (2001), Slov&eacute;nie (2007), Chypre et Malte (2008), Slovaquie (2009) et bient&ocirc;t Estonie (2011). Les craintes d&rsquo;un euro faible exprim&eacute;es lors de sa cr&eacute;ation se sont quant &agrave; elles largement att&eacute;nu&eacute;es.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les motivations<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tIl est clair que les motivations ayant conduit &agrave; la cr&eacute;ation de l&rsquo;euro sont complexes et entrem&ecirc;l&eacute;es. On peut dire sch&eacute;matiquement qu&rsquo;elles sont de trois ordres&nbsp;: &eacute;conomique, politique et g&eacute;opolitique.\n<\/p>\n<p>\n\tCommen&ccedil;ons par les motivations &eacute;conomiques. La disparition d&rsquo;un syst&egrave;me mon&eacute;taire international stable a pouss&eacute; les Europ&eacute;ens &agrave; vouloir recr&eacute;er de la stabilit&eacute; mon&eacute;taire &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle r&eacute;gionale. L&rsquo;unit&eacute; mon&eacute;taire offre ensuite des avantages pour l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique. Citons en particulier la r&eacute;duction des incertitudes, l&rsquo;&eacute;limination des co&ucirc;ts de transaction, la facilit&eacute; &agrave; voyager, la transparence des prix, la stimulation de la concurrence et des investissements, des march&eacute;s financiers mieux int&eacute;gr&eacute;s et plus liquides, enfin une meilleure protection contre les chocs ext&eacute;rieurs.\n<\/p>\n<p>\n\tLes motivations politiques sont li&eacute;es au fait que l&rsquo;unification mon&eacute;taire peut &ecirc;tre l&rsquo;une des composantes de la cr&eacute;ation d&rsquo;un lien fort entre les pays et les citoyens europ&eacute;ens, ce que des b&acirc;tisseurs de l&rsquo;Europe unie comme Jean Monnet avaient bien compris. La monnaie peut &ecirc;tre un puissant symbole d&rsquo;appartenance collective comme le montre bien l&rsquo;importance du deutschemark pour les Allemands de l&rsquo;Ouest d&egrave;s sa cr&eacute;ation en 1948. Des hommes d&rsquo;Etat europ&eacute;ens comme MM. Giscard d&rsquo;Estaing, Mitterrand, Schmidt, Kohl et Delors ont bien compris ce fait. Force est de constater que, sur le long chemin conduisant &agrave; une monnaie unique europ&eacute;enne, les milieux d&rsquo;affaires n&rsquo;ont en g&eacute;n&eacute;ral gu&egrave;re eu un r&ocirc;le d&rsquo;impulsion. Ils se sont cependant tr&egrave;s vite adapt&eacute;s lorsque l&rsquo;introduction de l&rsquo;euro devint certaine vers le milieu des ann&eacute;es 1990.\n<\/p>\n<p>\n\tLes motivations g&eacute;opolitiques enfin sont d&eacute;cisives. Comme le chancelier Kohl l&rsquo;a d&eacute;clar&eacute;, r&eacute;unification allemande et monnaie unique sont les deux faces d&rsquo;une m&ecirc;me pi&egrave;ce. La question allemande a &eacute;t&eacute; au c&oelig;ur des relations internationales depuis le XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, aboutissant &agrave; la partition du pays apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale. D&egrave;s les ann&eacute;es 1950, l&rsquo;objectif de nombre de responsables a &eacute;t&eacute; de cimenter la construction europ&eacute;enne en y arrimant le plus solidement possible l&rsquo;Allemagne f&eacute;d&eacute;rale. Au tournant des ann&eacute;es 1990, l&rsquo;int&eacute;gration mon&eacute;taire a justement &eacute;t&eacute; vue comme un &eacute;l&eacute;ment critique de l&rsquo;arrimage de l&rsquo;Allemagne au nouvel ordre europ&eacute;en. On peut donc dire que la solution radicale d&rsquo;une f&eacute;d&eacute;ralisation de la monnaie, m&ecirc;me si elle ne touche pas tous les Etats membres de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, a pu s&rsquo;imposer finalement dans un contexte international particulier de fin de la guerre froide et de r&eacute;surgence de la question allemande.\n<\/p>\n<p>\n\tOn ne r&eacute;p&eacute;tera jamais assez que le nouvel ordre repr&eacute;sent&eacute; par l&rsquo;Union europ&eacute;enne est extraordinaire car il ne repose plus sur l&rsquo;&eacute;quilibre des pouvoirs entre Etats qui pr&eacute;carisait les petits pays et conduisait &agrave; de fr&eacute;quentes guerres. Ce nouvel ordre &eacute;loigne aussi l&rsquo;Europe d&rsquo;un syst&egrave;me h&eacute;g&eacute;monique que certains Etats ont failli imposer par le pass&eacute;, que l&rsquo;on songe par exemple &agrave; l&rsquo;empire de Charles Quint, &agrave; la France de Napol&eacute;on ou &agrave; l&rsquo;Allemagne de Hitler. Le nouvel ordre europ&eacute;en repr&eacute;sente un syst&egrave;me original, bas&eacute; sur une communaut&eacute; de droit et de valeurs ainsi que des institutions communes, rendant la guerre entre Etats impensable et mat&eacute;riellement impossible.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>A la recherche de l&rsquo;union &eacute;conomique<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLes trait&eacute;s europ&eacute;ens &eacute;voquent une union &eacute;conomique et mon&eacute;taire. Jusqu&rsquo;&agrave; maintenant, c&rsquo;est essentiellement de l&rsquo;union mon&eacute;taire que nous avons trait&eacute;. La question se pose donc de savoir o&ugrave; est l&rsquo;union &eacute;conomique. Les typologies classiques de l&rsquo;int&eacute;gration, en phase avec la th&egrave;se des &laquo;&nbsp;&eacute;conomistes&nbsp;&raquo; &eacute;voqu&eacute;e plus haut, postulent qu&rsquo;&agrave; un march&eacute; commun succ&eacute;dera une union &eacute;conomique, puis une union &eacute;conomique et mon&eacute;taire. Par &laquo;&nbsp;union &eacute;conomique&nbsp;&raquo;, on entend g&eacute;n&eacute;ralement la convergence, si ce n&rsquo;est l&rsquo;harmonisation, des politiques &eacute;conomiques nationales.\n<\/p>\n<p>\n\tA ce jour, l&rsquo;union &eacute;conomique est constitu&eacute;e premi&egrave;rement du Pacte de stabilit&eacute; et de croissance visant &agrave; contenir les d&eacute;ficits et l&rsquo;endettement publics excessifs, deuxi&egrave;mement de m&eacute;canismes de coordination des politiques &eacute;conomiques et de surveillance multilat&eacute;rale. Le Pacte a fonctionn&eacute; contre l&rsquo;Irlande au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000 lorsque des recommandations du Conseil ont &eacute;t&eacute; adress&eacute;es &agrave; ce pays. Il n&rsquo;a par contre pas &eacute;t&eacute; op&eacute;rant contre la France, l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Italie et le Portugal en 2003. Le Pacte a ensuite &eacute;t&eacute; r&eacute;form&eacute; en 2005 dans le sens d&rsquo;une prise en consid&eacute;ration plus importante de la situation &eacute;conomique individuelle de chaque Etat membre et d&rsquo;une plus grande flexibilit&eacute;. M&ecirc;me si cette r&eacute;forme &eacute;tait bienvenue, le contexte dans lequel elle a &eacute;t&eacute; entreprise a malheureusement conduit &agrave; une d&eacute;cr&eacute;dibilisation de l&rsquo;instrument jusqu&rsquo;&agrave; ce que la crise fasse exploser les plafonds de d&eacute;ficits et d&rsquo;endettement. Quant aux m&eacute;canismes de coordination des politiques &eacute;conomiques et de surveillance multilat&eacute;rale, sans entrer dans le d&eacute;tail, on peut relever qu&rsquo;ils sont essentiellement bas&eacute;s sur le contr&ocirc;le des pairs typique d&rsquo;une approche intergouvernementale et l&rsquo;usage de recommandations, et qu&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; jusqu&rsquo;ici largement inop&eacute;rants car trop faibles.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Vers un renforcement de la gouvernance &eacute;conomique<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLes turbulences autour de la situation de la Gr&egrave;ce et les craintes de contagion &agrave; d&rsquo;autres pays m&eacute;diterran&eacute;ens ont fait la une de l&rsquo;actualit&eacute; durant la premi&egrave;re partie de l&rsquo;ann&eacute;e 2010. Le plan de sauvetage de la Gr&egrave;ce concoct&eacute; par l&rsquo;Union europ&eacute;enne et le Fonds mon&eacute;taire international, ainsi que la mise en place pour trois ans d&rsquo;un m&eacute;canisme europ&eacute;en de stabilisation financi&egrave;re et les d&eacute;cisions du Conseil europ&eacute;en de promouvoir une gouvernance &eacute;conomique commune ont &eacute;t&eacute; largement d&eacute;battus &agrave; l&rsquo;aune des immenses d&eacute;fis auxquels l&rsquo;Europe est confront&eacute;e. On ne conna&icirc;t pas encore les contours d&eacute;finitifs de cette nouvelle gouvernance &eacute;conomique mais on peut d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; noter un certain nombre d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments. Premi&egrave;rement, elle visera &agrave; &eacute;tablir un interlocuteur l&eacute;gitime et efficace de la Banque centrale europ&eacute;enne et &agrave; renforcer la mise en r&eacute;seaux des institutions communautaires et nationales. Deuxi&egrave;mement, les m&eacute;canismes de coordination des politiques &eacute;conomiques et de surveillance multilat&eacute;rale seront muscl&eacute;s. Troisi&egrave;mement, les instruments du Pacte de stabilit&eacute; et de croissance seront sans doute renforc&eacute;s.\n<\/p>\n<p>\n\tIl sera int&eacute;ressant de voir dans quelle mesure on pourra dire ou non que le Conseil europ&eacute;en est devenu le &laquo;&nbsp;gouvernement &eacute;conomique&nbsp;&raquo; de l&rsquo;Union. Tant le pr&eacute;sident du Conseil europ&eacute;en, M. Van Rompuy, que le rapport Gonzalez r&eacute;cemment sorti et intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Projet pour l&rsquo;Europe &agrave; l&rsquo;horizon 2030&nbsp;&raquo; partent du principe qu&rsquo;aucune autre institution communautaire ne pourrait pr&eacute;tendre &agrave; ce titre de &laquo;&nbsp;gouvernement &eacute;conomique&nbsp;&raquo;. M&ecirc;me si la Commission europ&eacute;enne devrait avoir un r&ocirc;le dans l&rsquo;examen pr&eacute;alable des budgets nationaux durant le &laquo;&nbsp;semestre europ&eacute;en&nbsp;&raquo;, il est symptomatique de constater que, dans le grand d&eacute;bat europ&eacute;en entre forces intergouvernementales et supranationales, la tendance &agrave; une perte relative d&rsquo;influence de la Commission semble se poursuivre. Parall&egrave;lement, le Conseil europ&eacute;en qui r&eacute;unit les chefs d&rsquo;Etat ou de gouvernement des Etats membres de l&rsquo;Union est dot&eacute; depuis fin 2009 d&rsquo;un pr&eacute;sident stable et s&rsquo;affirme de plus en plus comme une institution communautaire essentielle.\n<\/p>\n<p>\n\tUn autre point int&eacute;ressant sera de savoir dans quelle mesure les dirigeants europ&eacute;ens renforceront les m&eacute;canismes de sanctions envers les Etats membres. Des sanctions de type financier existent d&eacute;j&agrave; mais ne sont pas utilis&eacute;es. Elles pourraient &ecirc;tre &eacute;tendues. Des sanctions non financi&egrave;res pourraient voir le jour, avec par exemple la possibilit&eacute; de privation pour un Etat membre de son droit de vote.\n<\/p>\n<p>\n\tUn autre facteur &agrave; consid&eacute;rer dans le futur de la gouvernance &eacute;conomique europ&eacute;enne sera l&rsquo;&eacute;volution dans le moyen terme du budget communautaire, actuellement limit&eacute; &agrave; environ 1% du PIB de l&rsquo;Union. Le temps d&rsquo;un important budget europ&eacute;en semblant encore &eacute;loign&eacute;, c&rsquo;est v&eacute;ritablement par une mise en r&eacute;seaux des budgets nationaux que pourra &ecirc;tre conduite la politique budg&eacute;taire commune.\n<\/p>\n<p>\n\tIl conviendra enfin d&rsquo;observer comment le m&eacute;canisme de stabilisation financi&egrave;re mis en place en 2010 pour trois ans sera p&eacute;rennis&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Conclusion<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tNous avons tent&eacute; de montrer les diff&eacute;rences entre union mon&eacute;taire et union &eacute;conomique. Tandis que l&rsquo;union mon&eacute;taire est une r&eacute;alit&eacute; accomplie, les mois et les ann&eacute;es &agrave; venir seront importants afin de scruter les d&eacute;veloppements attendus de l&rsquo;union &eacute;conomique.\n<\/p>\n<p>\n\tAvec l&rsquo;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire telle qu&rsquo;elle existe &agrave; ce jour, la situation dans laquelle se trouve l&rsquo;Union europ&eacute;enne depuis une d&eacute;cennie repr&eacute;sente un progr&egrave;s immense par rapport &agrave; la p&eacute;riode ant&eacute;rieure. En m&ecirc;me temps, il aura fallu la survenance d&rsquo;une grave crise &eacute;conomique et financi&egrave;re pour confirmer aux Europ&eacute;ens que leur union &eacute;conomique et mon&eacute;taire n&rsquo;a pas fini d&rsquo;&ecirc;tre construite. Le pr&eacute;sident Delors, l&rsquo;un des p&egrave;res du projet, affirmait d&eacute;j&agrave; il y a plus de vingt ans qu&rsquo;une construction unijambiste bas&eacute;e sur la seule union mon&eacute;taire &eacute;tait incompl&egrave;te. Parall&egrave;lement &agrave; l&rsquo;ach&egrave;vement de l&rsquo;union &eacute;conomique, les Europ&eacute;ens devront aussi s&rsquo;atteler aux questions mon&eacute;taires internationales et &agrave; la place de la zone euro dans les enceintes internationales, mais ceci est un autre d&eacute;bat&hellip;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Pour en savoir plus<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tAPPEL Emmanuel, <em>European Monetary Integration, 1958-2002<\/em>, London, Routledge, 1998.\n<\/p>\n<p>\n\tBOIS Pierre du, <em>Histoire de l&rsquo;Europe mon&eacute;taire (1945-2005): Euro qui comme Ulysse&hellip;<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France, 2008.\n<\/p>\n<p>\n\tGRIN Gilles, &laquo;&nbsp;L&rsquo;&eacute;volution du syst&egrave;me mon&eacute;taire international dans les ann&eacute;es 1960&nbsp;: les positions des &eacute;conomistes Robert Triffin et Jacques Rueff&nbsp;&raquo;, <em>Relations internationales<\/em>, Paris, no 100, 1999, pp. 377-392.\n<\/p>\n<p>\n\tGRIN Gilles, &laquo;&nbsp;L&rsquo;int&eacute;gration mon&eacute;taire de l&rsquo;Europe&nbsp;: &eacute;tat de la question et perspectives&nbsp;&raquo;, dans&nbsp;: LIEBICH Andr&eacute;, GERMOND Basil (sld), <em>Construire l&rsquo;Europe&nbsp;: m&eacute;langes en hommage &agrave; Pierre du Bois<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France, 2008, pp. 145-162.\n<\/p>\n<p>\n\tLOUIS Jean-Victor, <em>L&rsquo;Union europ&eacute;enne et sa monnaie<\/em>, Bruxelles, Editions de l&rsquo;Universit&eacute; de Bruxelles, 2009.\n<\/p>\n<p>\n\t&laquo;&nbsp;Plus de rigueur ou davantage de solidarit&eacute;&nbsp;? Les solutions pour sauver la zone euro&nbsp;&raquo;, <em>Le Temps<\/em>, 29 mai 2010, pp. 12-13.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tDisclaimer: The views expressed in this paper are those of the author alone and do not necessarily reflect the opinion of the Foundation.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\t<span style=\"font-size:12px;\"><em>Mise &agrave; jour le Vendredi, 01 Avril 2011 16:00 <\/em><\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">Gilles Grin Vice-directeur de la Fondation Jean Monnet pour l&#39;Europe, Lausanne Charg&eacute; de cours &agrave; l&#39;Institut d&#39;&eacute;tudes politiques et internationales de l&#39;Universit&eacute; de Lausanne &nbsp; Papiers d&#39;actualit&eacute;\/ Current Affairs in Perspective Fondation Pierre du Bois September&nbsp;2010, No 7\/ 2010 &nbsp; Read, save or print the pdf version of this article. Une crise grave L&rsquo;Europe vit actuellement une grave crise, sans&hellip; <a href=\"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/leuro-et-le-defi-de-la-gouvernance-economique\/\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":35,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-4865","page","type-page","status-publish","hentry","xfolkentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4865","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4865"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4865\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8462,"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4865\/revisions\/8462"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4865"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}