{"id":4861,"date":"2015-05-07T08:45:44","date_gmt":"2015-05-07T08:45:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/?page_id=4861"},"modified":"2017-02-13T12:51:36","modified_gmt":"2017-02-13T12:51:36","slug":"le-traite-de-lisbonne-une-constitution-a-vocation-mondiale","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/fr\/le-traite-de-lisbonne-une-constitution-a-vocation-mondiale\/","title":{"rendered":"Le Trait\u00e9 de Lisbonne \u2013 une constitution \u00e0 vocation mondiale"},"content":{"rendered":"<div>\n\tJoris Larik*\n<\/div>\n<div>\n\tDoctorant en droit\n<\/div>\n<div>\n\tInstitut Universitaire Europ&eacute;en,&nbsp;Florence&nbsp;&nbsp;&nbsp;\n<\/div>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\t<span style=\"color:#cF1930;\"><strong>P<\/strong><strong>apiers d&#39;actualit&eacute;\/ Current Affairs in Perspective<br \/>\n\tFondation Pierre du Bois<br \/>\n\tDecember&nbsp;2010, No 9\/ 2010<\/strong><\/span>\n<\/p>\n<p style=\"clear: both; text-align: right;\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"clear:both;\">\n\t<span style=\"color:#cF1930;\">Read, save or print the&nbsp;<\/span><a href=\"http:\/\/www.fondation-pierredubois.ch\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/no9_2010_lisboneuro.pdf\" target=\"_blank\"><span style=\"color:#cF1930;\">pdf<\/span><\/a><span style=\"color:#cF1930;\"> version&nbsp;of this article<\/span>.\n<\/p>\n<p>\n\tLe 1<sup>er<\/sup>&nbsp;D&eacute;cembre 2010, le Trait&eacute; de Lisbonne f&ecirc;te le premier anniversaire de son entr&eacute;e en vigueur, marquant la conclusion d&rsquo;un processus de r&eacute;forme entam&eacute;&nbsp;&nbsp;presque une d&eacute;cennie plus t&ocirc;t. A la suite de la D&eacute;claration de Laeken de 2001, la Convention sur l&rsquo;Avenir de l&rsquo;Europe a &eacute;t&eacute; &eacute;tablie, et a abouti au projet d&rsquo;une Constitution pour l&rsquo;Europe, qui a &eacute;t&eacute; mis en &eacute;chec par les r&eacute;f&eacute;rendums fran&ccedil;ais et hollandais de 2005. Apr&egrave;s une &laquo;&nbsp;p&eacute;riode de r&eacute;flexion&nbsp;&raquo;, le Trait&eacute; de Lisbonne a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; mais seulement apr&egrave;s deux r&eacute;f&eacute;rendums en Irlande. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un document qui n&rsquo;a pas directement vocation &agrave; &ecirc;tre une &laquo;&nbsp;Constitution&nbsp;&raquo; et consiste en deux trait&eacute;s&nbsp;: Le Trait&eacute; sur l&#39;Union europ&eacute;enne (TUE) et le Trait&eacute; sur le fonctionnement de l&#39;Union europ&eacute;enne (TFUE). Toutefois, en ce qui concerne le contenu il est virtuellement identique &agrave; la Constitution. Tout cela appartient d&eacute;sormais &agrave; l&rsquo;histoire, ou si l&rsquo;on veut, aux &laquo;&nbsp;travaux pr&eacute;paratoires&nbsp;&raquo; de ce tournant de la construction europ&eacute;enne. Pourtant, d&egrave;s lors que le titre de &laquo;&nbsp;constitution&nbsp;&raquo; a disparu, la r&eacute;forme de Lisbonne ne repr&eacute;sente-elle qu&rsquo;une r&eacute;organisation administrative, une restructuration institutionnelle&nbsp;?\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tA cette question, on ne peut que r&eacute;pondre par la n&eacute;gative. Dans ce papier, il sera montr&eacute; que le Trait&eacute; de Lisbonne introduit des changements fondamentaux dans le droit primaire de l&rsquo;Union, c&rsquo;est-&agrave;-dire dans sa &laquo;&nbsp;Constitution&nbsp;&raquo; (la Cour de Justice de l&rsquo;UE, ainsi que la doctrine, consid&egrave;rent le droit primaire depuis longtemps comme un droit constitutionnel, nonobstant la terminologie formelle de &laquo;&nbsp;trait&eacute;&nbsp;&raquo;). Suite au Trait&eacute; de Lisbonne, l&rsquo;Union europ&eacute;enne d&eacute;finit dans son document de base le r&ocirc;le de puissance qu&rsquo;elle pr&eacute;tend jouer sur la sc&egrave;ne internationale.\n<\/p>\n<p>\n\tDans la litt&eacute;rature de sciences politiques, cette question &eacute;tait d&eacute;j&agrave; discut&eacute;e d&egrave;s les ann&eacute;es soixante-dix. Cons&eacute;cutivement, l&rsquo;Union europ&eacute;enne a &eacute;t&eacute; appel&eacute;e, entre autres, &laquo;&nbsp;puissance civile&nbsp;&raquo; par Fran&ccedil;ois Duch&ecirc;ne, &laquo;&nbsp;puissance normative&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;&eacute;thique&nbsp;&raquo; par Ian Manners, espace &laquo;&nbsp;postmoderne&nbsp;&raquo; par Robert Cooper et &ndash; de fa&ccedil;on moins bienveillante &ndash; comme une non-puissance provenant &laquo;&nbsp;de V&eacute;nus&nbsp;&raquo; par Robert Kagan. Cet article tentera d&rsquo;exposer les r&eacute;ponses que le d&eacute;veloppement historique de l&rsquo;action ext&eacute;rieure de l&rsquo;UE et sa constitutionnalisation r&eacute;cente par le Trait&eacute; de Lisbonne peuvent fournir &agrave; ce d&eacute;bat.&nbsp;&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tEtant donn&eacute; qu&rsquo;une des priorit&eacute;s originaires de la construction europ&eacute;enne &eacute;tait l&rsquo;union douani&egrave;re, visant &agrave; un march&eacute; commun, la mise en place d&rsquo;une politique commerciale commune &eacute;tait indispensable. L&rsquo;Union a &eacute;galement pris assez t&ocirc;t une place importante dans le cadre de la coop&eacute;ration &eacute;conomique avec les anciennes colonies de ses Etats membres. Constitutionnellement, ces deux aspects se sont traduits par l&rsquo;introduction de la mise en &oelig;uvre d&rsquo;une politique commerciale commune et de la coop&eacute;ration au d&eacute;veloppement parmi les &laquo;&nbsp;fins&nbsp;&raquo; de l&rsquo;ancienne Communaut&eacute; (qui a &eacute;t&eacute; absorb&eacute;e par l&rsquo;Union apr&egrave;s Lisbonne). Pour le reste, ces fins avaient toutes un caract&egrave;re interne. Depuis, l&rsquo;Union a &eacute;largi ses comp&eacute;tences &agrave; une multitude d&rsquo;autres politiques ext&eacute;rieures, surtout apr&egrave;s le Trait&eacute; de Maastricht de 1993 qui a introduit la Politique &eacute;trang&egrave;re et de s&eacute;curit&eacute; commune (PESC), y compris la politique europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense (PESD, rebaptis&eacute;e &laquo;&nbsp;politique commune&nbsp;&raquo; par Lisbonne, donc PCSD). Ceci d&eacute;montre aussi que la construction europ&eacute;enne n&rsquo;est pas qu&rsquo;un exercice &eacute;conomique, une esp&egrave;ce de &laquo;&nbsp;low politics&nbsp;&raquo; selon Stanley Hoffmann, mais est aussi en mesure de s&rsquo;engager dans les domaines ext&eacute;rieurs traditionnellement au c&oelig;ur de la souverainet&eacute; des Etats membres. Dans le Trait&eacute; de Maastricht, il &eacute;tait stipul&eacute; comme but pour l&rsquo;Union &laquo; d&#39;affirmer son identit&eacute; sur la sc&egrave;ne internationale&nbsp;&raquo; et de veiller &agrave; &laquo;&nbsp;la coh&eacute;rence de l&#39;ensemble de son action ext&eacute;rieure&nbsp;&raquo;, sans toutefois pr&eacute;ciser le contenu de cette action ext&eacute;rieure ou la nature de l&rsquo;identit&eacute;&nbsp;&nbsp;qui devrait s&rsquo;affirmer.\n<\/p>\n<p>\n\tCe contenu, &eacute;clairant la nature de la puissance que l&rsquo;Union veut exercer dans le monde, n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;sent dans le droit primaire jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur du Trait&eacute; de Lisbonne le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;d&eacute;cembre 2009. Par cons&eacute;quent, c&rsquo;est par celui-ci que le d&eacute;bat politique sur la nature de la puissance internationale que repr&eacute;sente l&rsquo;UE re&ccedil;oit une r&eacute;ponse constitutionnelle. Cette orientation a &eacute;t&eacute; formul&eacute;e plus particuli&egrave;rement dans deux dispositions du TUE. L&rsquo;Article 3, paragraphe 5 TUE d&eacute;finit les buts de l&rsquo;Union &laquo;&nbsp;[d]ans ses relations avec le reste du monde&nbsp;&raquo;. Cette disposition occupe une place importante, faisant parti de l&rsquo;Article qui &eacute;num&egrave;re les buts g&eacute;n&eacute;raux de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. Autrement dit, c&rsquo;est en son sein que la raison d&rsquo;&ecirc;tre de la construction europ&eacute;enne est &eacute;nonc&eacute;e. Dor&eacute;navant, cette raison d&rsquo;&ecirc;tre comprend, au-del&agrave; de l&rsquo;interne, une dimension ext&eacute;rieure explicite. Cette dimension est pr&eacute;cis&eacute;e plus tard dans le Titre V du TUE dans l&rsquo;Article 21, qui exprime dans le premier paragraphe que &laquo;&nbsp;[l]&#39;action de l&#39;Union sur la sc&egrave;ne internationale repose sur les principes qui ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; sa cr&eacute;ation, &agrave; son d&eacute;veloppement et &agrave; son &eacute;largissement et qu&rsquo;elle vise &agrave; promouvoir dans le reste du monde&nbsp;&raquo;. En outre, l&rsquo;Article &eacute;num&egrave;re les fins sp&eacute;cifiques de l&rsquo;action ext&eacute;rieure de l&rsquo;UE en reprenant&nbsp;&nbsp;les concepts pr&eacute;alablement &eacute;nonc&eacute;s.\n<\/p>\n<p>\n\tDans ce qui suit, l&rsquo;analyse se focalisera sur trois aspects de ce&nbsp;droit&nbsp;positif constitutionnel des relations ext&eacute;rieures qui r&eacute;v&egrave;lent l&rsquo;importance non seulement juridique mais aussi historique du Trait&eacute; de Lisbonne comme pi&egrave;ce ma&icirc;tresse dans l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;id&eacute;e de la construction europ&eacute;enne. Ces trois aspects, &eacute;troitement li&eacute;s l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre, concernent la paix, les droits de l&rsquo;homme, et le respect du droit international.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tLa paix figure fr&eacute;quemment et &eacute;minemment dans le Trait&eacute; de Lisbonne. Dans l&rsquo;Article 3 TUE cit&eacute; ci-dessus, elle repr&eacute;sente le premier parmi les objectifs de l&rsquo;Union, en effet le premier paragraphe proclame: &laquo; L&rsquo;Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-&ecirc;tre de ses peuples.&nbsp;&raquo;&nbsp; Ceci nous ram&egrave;ne &agrave; l&rsquo;origine m&ecirc;me de l&rsquo;int&eacute;gration europ&eacute;enne, la D&eacute;claration de Schuman de 1950 et la Communaut&eacute; europ&eacute;enne du charbon et de l&rsquo;acier (CECA) qui visaient &agrave; surmonter les animosit&eacute;s entre les pays europ&eacute;ens, notamment la France et l&rsquo;Allemagne, en int&eacute;grant des secteurs strat&eacute;giques et en rendant ainsi impossible la guerre entre eux.\n<\/p>\n<p>\n\tPourtant, dans le Trait&eacute; de Lisbonne, la contribution &agrave; la paix doit &ecirc;tre vue dans un contexte beaucoup plus large, bien au-del&agrave; de la pr&eacute;servation de la paix entre les Etats membres. Tandis que l&rsquo;Europe m&ecirc;me a &eacute;t&eacute; pacifi&eacute;e, il incombe d&egrave;s lors &agrave; l&rsquo;UE de contribuer &agrave; la paix ailleurs. A cet &eacute;gard, il est parlant que la paix appara&icirc;t pour la premi&egrave;re fois dans le pr&eacute;ambule du TUE dans la partie consacr&eacute;e &agrave; la Politique &eacute;trang&egrave;re et de s&eacute;curit&eacute; commune o&ugrave; il est indiqu&eacute; que cette politique renforce &laquo; l&rsquo;identit&eacute; de l&rsquo;Europe et son ind&eacute;pendance afin de promouvoir la paix, la s&eacute;curit&eacute; et le progr&egrave;s en Europe et dans le monde&nbsp;&raquo;. Dans la partie op&eacute;rative du Trait&eacute;, la notion de paix est clairement plac&eacute;e dans le contexte des relations ext&eacute;rieures. L&rsquo;Article 3, paragraphe 5 du TUE stipule que dans les relations de l&rsquo;Union avec le reste du monde elle &laquo;&nbsp;contribue &agrave; la paix&nbsp;&raquo;, et ci-apr&egrave;s l&rsquo;Article 21, paragraphe 2 du TUE &eacute;voque comme buts de l&rsquo;action ext&eacute;rieure de l&rsquo;Union &laquo;&nbsp;de pr&eacute;server la paix, de pr&eacute;venir les conflits et de renforcer la s&eacute;curit&eacute; internationale, conform&eacute;ment aux buts et aux principes de la charte des Nations Unies&nbsp;&raquo;.\n<\/p>\n<p>\n\tLe lien entre la paix et la s&eacute;curit&eacute; est aussi apparent. Concernant la d&eacute;fense de l&rsquo;Union ainsi qu&rsquo;au sujet du maintien de la paix dans le monde en g&eacute;n&eacute;ral, le Trait&eacute; de Lisbonne introduit des innovations importantes. Quant &agrave; la premi&egrave;re, le TUE contient maintenant une clause de d&eacute;fense mutuelle. Selon l&rsquo;Article 42, paragraphe 5, &laquo;&nbsp;[a]u cas o&ugrave; un &Eacute;tat membre serait l&rsquo;objet d&rsquo;une agression arm&eacute;e sur son territoire, les autres &Eacute;tats membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conform&eacute;ment &agrave; l&rsquo;article 51 de la charte des Nations unies [sur l&rsquo;autod&eacute;fense].&nbsp;&raquo; Ainsi, en 2009, l&rsquo;UE est devenue une organisation de d&eacute;fense collective, 55 ans apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;chec du projet de la Communaut&eacute; europ&eacute;enne de d&eacute;fense. Par cons&eacute;quent, l&lsquo;Union de l&rsquo;Europe occidentale (UEO), un arrangement de d&eacute;fense collective n&eacute; de cet &eacute;chec, est devenue obsol&egrave;te et sera dissoute en mi-2011.\n<\/p>\n<p>\n\tPourtant, cette obligation de solidarit&eacute; militaire des Etats membres n&rsquo;&eacute;quivaut pas &agrave; l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;une arm&eacute;e europ&eacute;enne. Certes, le Trait&eacute; envisage dans l&rsquo;Article 42, paragraphe 2 TUE &laquo;&nbsp;la d&eacute;finition progressive d&rsquo;une politique de d&eacute;fense commune de l&#39;Union&nbsp;&raquo; pour&nbsp;&nbsp;l&rsquo;avenir. Cependant, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;automatisme, &eacute;tant donn&eacute; qu&rsquo;un tel pas ne saurait se faire sans la d&eacute;cision unanime du Conseil europ&eacute;en. Sachant qu&rsquo;il y a parmi les Etats membres des pays neutres (p.ex. l&rsquo;Autriche, la Su&egrave;de et l&rsquo;Irlande) et le Danemark qui s&rsquo;appuie enti&egrave;rement sur l&rsquo;OTAN en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense et qui a donc obtenu un &laquo;&nbsp;opt-out&nbsp;&raquo; de la PCSD, une telle d&eacute;cision unanime semble improbable dans un avenir proche.\n<\/p>\n<p>\n\tQuant &agrave; la paix mondiale, le Trait&eacute; de Lisbonne &eacute;largit la liste des &laquo;&nbsp;Missions de Petersberg&nbsp;&raquo;. Etablies en 1992, ces missions d&eacute;finissent le cadre d&rsquo;op&eacute;ration de la PCSD. Avant le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;D&eacute;cembre 2009, elles incluaient des &laquo;&nbsp;missions humanitaires et d&rsquo;&eacute;vacuation&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;missions de maintien de la paix&nbsp;&raquo;, ainsi que &laquo;&nbsp;missions de forces de combat pour la gestion des crises, y compris les op&eacute;rations de r&eacute;tablissement de la paix&nbsp;&raquo;. Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, l&rsquo;UE a lanc&eacute; plus de vingt op&eacute;rations, soit de nature civile, soit de nature militaire, en Europe, Afrique et Asie. Avec l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur du Trait&eacute; de Lisbonne, celles-ci comprennent selon l&rsquo;Article 43 du TUE aussi des &laquo;&nbsp;actions conjointes en mati&egrave;re de d&eacute;sarmement&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;missions de conseil et d&#39;assistance en mati&egrave;re militaire&nbsp;&raquo;, &laquo; missions de pr&eacute;vention des conflits&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp; op&eacute;rations de stabilisation &agrave; la fin des conflits&nbsp;&raquo;. Le Trait&eacute; ajoute que &laquo;&nbsp;[t]outes ces missions peuvent contribuer &agrave; la lutte contre le terrorisme, y compris par le soutien apport&eacute; &agrave; des pays tiers pour combattre le terrorisme sur leur territoire.&nbsp;&raquo; Cette liste des op&eacute;rations souligne la largesse du concept de &laquo;&nbsp;s&eacute;curit&eacute;&nbsp;&raquo;&nbsp;de l&rsquo;UE, tel qu&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute; dans la Strat&eacute;gie de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Union europ&eacute;enne de 2003. En somme, elle implique qu&rsquo;il n&rsquo;est pas seulement n&eacute;cessaire de refuser la guerre chez soi ou de se d&eacute;fendre contre des menaces ext&eacute;rieures pour contribuer &agrave; une paix durable, mais qu&rsquo;il faille aussi pr&eacute;venir des conflits ailleurs, s&rsquo;opposer &agrave; leur escalade, ou emp&ecirc;cher qu&rsquo;ils refassent surface apr&egrave;s leur r&egrave;glement.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tEn ce qui concerne les droits de l&rsquo;homme, comme avec la paix, le Trait&eacute; de Lisbonne met en exergue les liens importants existant entre les aspects de politique int&eacute;rieure&nbsp;et ceux relatifs &agrave; la politique ext&eacute;rieure de l&rsquo;Union. Certes, &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle interne, la protection des droits fondamentaux n&rsquo;est en rien nouvelle. La Cour de Justice de l&rsquo;UE, r&eacute;pondant principalement &agrave; la pression exerc&eacute;e par les cours constitutionnelles des Etats membres, a, depuis quarante ans, garanti, par l&rsquo;interm&eacute;diaire des &laquo; principes g&eacute;n&eacute;raux du droit communautaire &raquo;, un standard &eacute;lev&eacute; de protection des droits fondamentaux dans le cadre du droit europ&eacute;en. Ces principes s&rsquo;inspirent non seulement &laquo; des traditions constitutionnelles communes aux Etats membres&nbsp;&raquo;, mais aussi &laquo;&nbsp;des indications fournies par les instruments internationaux concernant la protection des droits de l&rsquo;homme auxquels les &Eacute;tats membres ont coop&eacute;r&eacute; ou adh&eacute;r&eacute;&nbsp;&raquo;. Parmi ces derniers, la Convention Europ&eacute;enne des Droits de l&rsquo;Homme occupe une place particuli&egrave;rement importante, ce qui implique d&eacute;j&agrave; une dimension ext&eacute;rieure &agrave; cet &eacute;gard. Par le Trait&eacute; de Lisbonne, ces aspects sont rendus plus explicites. D&rsquo;abord, le pr&eacute;ambule du TUE constate l&rsquo;origine europ&eacute;enne&nbsp;des &laquo; valeurs universelles que constituent les droits inviolables et inali&eacute;nables de la personne humaine&nbsp;&raquo; et affirme qu&rsquo;elles se sont inspir&eacute;es &laquo;&nbsp;des h&eacute;ritages culturels, religieux et humanistes de l&#39;Europe&nbsp;&raquo;. Plus concr&egrave;tement, le Trait&eacute; rend la Charte des Droits Fondamentaux de l&rsquo;UE, prononc&eacute;e &laquo;&nbsp;solennellement&nbsp;&raquo; en 2000, juridiquement contraignante, de m&ecirc;me rang que le droit primaire selon l&rsquo;Article 6, paragraphe 1 TUE. Plus importante sous l&rsquo;angle des relations ext&eacute;rieures de l&rsquo;Union est toutefois l&rsquo;obligation stipul&eacute;e dans le m&ecirc;me Article que l&#39;Union doit entamer le processus d&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; la Convention Europ&eacute;enne des Droits de l&rsquo;Homme. Adh&eacute;rer &agrave; cet instrument international est probl&eacute;matique pour deux raisons. Premi&egrave;rement, la Convention, jusqu&#39;&agrave; maintenant, n&rsquo;est ouverte qu&rsquo;aux Etats. Deuxi&egrave;mement, comme la Cour de Justice de l&rsquo;UE l&rsquo;avait d&eacute;j&agrave; constat&eacute; dans un avis concernant cette adh&eacute;sion en 1996 (donc non obligatoire &agrave; l&rsquo;&eacute;poque), soumettre l&rsquo;ordre juridique de l&rsquo;Union &agrave; la juridiction d&rsquo;une instance sup&eacute;rieure, la Cour europ&eacute;enne des droits de l&rsquo;homme, &laquo; entra&icirc;nerait un changement substantiel du r&eacute;gime actuel de la protection des droits de l&#39;homme&nbsp;&raquo; ainsi que des implications institutionnelles &laquo; fondamentales tant pour la Communaut&eacute; que pour les &Eacute;tats membres&nbsp;&raquo;. En cons&eacute;quence, m&ecirc;me si le Trait&eacute; de Lisbonne donne une comp&eacute;tence explicite &agrave; l&rsquo;Union pour effectuer l&rsquo;adh&eacute;sion, les modalit&eacute;s d&rsquo;un tel pas en avant doivent encore &ecirc;tre clarifi&eacute;es.\n<\/p>\n<p>\n\tOr les dispositions nouvelles du Trait&eacute; de Lisbonne sur l&rsquo;action ext&eacute;rieure de l&rsquo;UE ne concernent pas seulement les droits de l&rsquo;homme au niveau r&eacute;gional, mais dans le monde en g&eacute;n&eacute;ral. Bien avant d&rsquo;ins&eacute;rer ce but dans le droit primaire, l&rsquo;Union europ&eacute;enne promouvait, par le biais d&rsquo;une s&eacute;rie de mesures, les droits de l&rsquo;homme dans le monde. Celles-ci incluent notamment des d&eacute;marches diplomatiques et dialogues politiques, ainsi que l&rsquo;offre d&rsquo;avantages commerciaux aux pays en voie de d&eacute;veloppement lorsqu&rsquo;ils ratifient et respectent certains accords internationaux cl&eacute;s en mati&egrave;re de droits de l&rsquo;homme. L&rsquo;Union dispose aussi de mesures l&eacute;gales plus dures, comme l&rsquo;insertion de clauses imposant le respect des droits de l&rsquo;homme en tant qu&rsquo;&laquo;&nbsp;&eacute;l&eacute;ment essentiel&nbsp;&raquo; des accords commerciaux avec des pays tiers. Celles-ci permettent la suspension d&rsquo;un tel accord en cas de violations des droits de l&rsquo;homme dans le pays contractant. De plus, l&rsquo;UE peut adopter des sanctions &eacute;conomiques contre les r&eacute;gimes responsables de violations flagrantes des droits de l&rsquo;homme.\n<\/p>\n<p>\n\tCette gamme de mesures dans diff&eacute;rents domaines politiques montre aussi la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une action ext&eacute;rieure coh&eacute;rente. Tandis qu&rsquo;une protection des droits de l&rsquo;homme durable ne peut se faire sans le d&eacute;veloppement &eacute;conomique, des mesures &eacute;conomiques peuvent aussi servir de moyens stimulants ou coercitifs au nom des droits de l&rsquo;homme. Suite au Trait&eacute; de Lisbonne, la contribution de l&rsquo;UE &laquo;&nbsp;&agrave; l&#39;&eacute;limination de la pauvret&eacute; et &agrave; la protection des droits de l&#39;homme, en particulier ceux de l&#39;enfant&nbsp;&raquo; dans le monde (Article 3, paragraphe 5 TUE) et l&rsquo;inspiration de sa politique ext&eacute;rieure par &laquo;&nbsp;l&#39;universalit&eacute; et l&#39;indivisibilit&eacute; des droits de l&#39;homme et des libert&eacute;s fondamentales [et] le respect de la dignit&eacute; humaine&nbsp;&raquo;&nbsp;&nbsp;(Article 21 TUE) sont devenus des buts explicits. D&egrave;s lors, la promotion des droits de l&rsquo;homme, &agrave; laquelle doivent contribuer aussi les autres politiques ext&eacute;rieures, n&rsquo;est plus une option, mais dor&eacute;navant un objectif constitutionnel de l&rsquo;Union.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tEn dernier lieu, il est n&eacute;cessaire d&rsquo;&eacute;tudier la relation entre l&rsquo;ordre juridique de l&rsquo;Union europ&eacute;enne et l&rsquo;ordre juridique international. Ce th&egrave;me est tellement large et complexe qu&rsquo;il comprend et m&ecirc;me fusionne les deux aspects mentionn&eacute;s ci-dessus&nbsp;: La paix et la s&eacute;curit&eacute; internationale comme bien-&ecirc;tre du collectif d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, et les droits de l&rsquo;homme comme bien-&ecirc;tre de l&rsquo;individu de l&rsquo;autre. A cet &eacute;gard, le Trait&eacute; de Lisbonne apporte des innovations consid&eacute;rables. Mais rappelons d&rsquo;entr&eacute;e que les &eacute;l&eacute;ments fondateurs de la construction europ&eacute;enne comportaient des instruments de droit international &ndash; les&nbsp;<em>trait&eacute;s<\/em>&nbsp;par lesquelles les &Eacute;tats fondateurs &eacute;tablissaient la CECA, l&rsquo;Euratom et la Communaut&eacute; &eacute;conomique europ&eacute;enne dans les ann&eacute;es cinquante. Cela demeure le cas jusqu&rsquo;&agrave; ce jour, au moins d&rsquo;un point de vue externe, comme l&rsquo;atteste le titre m&ecirc;me du&nbsp;<em>Trait&eacute;<\/em>&nbsp;de Lisbonne, sign&eacute; et ratifi&eacute; par les &laquo;&nbsp;hautes parties contractantes&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire les 27 Etats membres actuels. Toutefois, d&rsquo;un point de vue interne, la Cour de Justice affirme depuis ses tout premiers arr&ecirc;ts que la Communaut&eacute; europ&eacute;enne (absorb&eacute;e par l&rsquo;Union apr&egrave;s Lisbonne) &laquo;&nbsp;constitue un nouvel ordre juridique de droit international&nbsp;(&hellip;) dont les sujets sont non seulement les Etats membres mais &eacute;galement leurs ressortissants&nbsp;&raquo;. Ces derniers peuvent donc se pr&eacute;valoir directement du droit europ&eacute;en devant les juridictions nationales (le fameux arr&ecirc;t de&nbsp;<em>van Gend en Loos<\/em>&nbsp;de 1963), ce droit jouissant de plus d&rsquo;une primaut&eacute; sur le droit national des Etats membres (l&rsquo;arr&ecirc;t&nbsp;<em>Costa v. ENEL<\/em>&nbsp;de 1964). Tandis que la r&eacute;f&eacute;rence au droit international &eacute;tait ensuite &eacute;cart&eacute;e par la Cour et remplac&eacute;e par la d&eacute;finition du Trait&eacute; comme &laquo;&nbsp;charte constitutionnelle&nbsp;&raquo;, l&rsquo;effet direct et la primaut&eacute; du droit de l&rsquo;Union, garantis et supervis&eacute;s par la Cour europ&eacute;enne ainsi que par les juridictions nationales, ont assur&eacute; l&rsquo;autonomie et l&rsquo;effectivit&eacute; du droit de l&rsquo;Union.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tOr, ces caract&eacute;ristiques soulevaient la question de la relation de ce &laquo;&nbsp;nouvel ordre juridique&nbsp;&raquo; avec le droit international public. D&rsquo;une part, la Cour de Justice dans sa jurisprudence, ainsi que les institutions politiques se sont av&eacute;r&eacute;es assez bienveillantes et ouvertes au droit international et au multilat&eacute;ralisme. De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, au fil du temps, l&rsquo;Union a pr&eacute;tendu &agrave; un r&ocirc;le plus &eacute;minent sur le plan international, en pr&eacute;servant l&rsquo;autonomie de son ordre juridique des influences ext&eacute;rieures ind&eacute;sirables. Dans les exemples les plus connus figure le refus des institutions de l&rsquo;Union, y compris de la Cour de Justice, d&rsquo;&eacute;tendre l&rsquo;effet direct &agrave; l&rsquo;ensemble du droit de l&rsquo;Organisation mondiale du commerce. De plus, selon la Cour de Justice, m&ecirc;me les r&eacute;solutions du Conseil de S&eacute;curit&eacute; des Nations unies, qui sont juridiquement contraignantes dans le droit international, ne doivent pas &ecirc;tre mises en &oelig;uvre dans l&rsquo;UE d&rsquo;une mani&egrave;re qui porte atteinte &agrave; la protection des droits fondamentaux de l&rsquo;Union (l&rsquo;arr&ecirc;t plus r&eacute;cent, mais d&eacute;j&agrave; fameux de&nbsp;<em>Kadi<\/em>&nbsp;de 2008). Autrement dit, c&rsquo;est la Cour de Justice qui d&eacute;termine dans l&rsquo;Union europ&eacute;enne si l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t individuel l&rsquo;emporte sur l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public, quand bien m&ecirc;me son jugement pourrait infliger un coup d&rsquo;arr&ecirc;t &agrave; l&rsquo;organe mondial avec la responsabilit&eacute; principale&nbsp;&nbsp;du maintien de la paix et de la s&eacute;curit&eacute; internationales.\n<\/p>\n<p>\n\tLe Trait&eacute; de Lisbonne codifie et consolide ainsi cette double tendance d&rsquo;un engagement en faveur du multilat&eacute;ralisme et du droit international, mais sous certaines conditions normatives. Selon l&rsquo;Article 3, paragraphe 5 TUE, l&rsquo;objectif pour l&rsquo;Union est de contribuer non seulement &laquo;&nbsp;au strict respect&nbsp;&raquo;&nbsp;mais aussi &laquo; au d&eacute;veloppement&nbsp;&raquo; du droit international et des Nations Unies. De plus, selon l&rsquo;Article 21 TUE &laquo;&nbsp;[l]&#39;action de l&#39;Union sur la sc&egrave;ne internationale repose sur les principes qui ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; sa cr&eacute;ation&nbsp;&raquo;, notamment &laquo;&nbsp; la d&eacute;mocratie, l&#39;&Eacute;tat de droit, l&#39;universalit&eacute; et l&#39;indivisibilit&eacute; des droits de l&#39;homme et des libert&eacute;s fondamentales, le respect de la dignit&eacute; humaine, les principes d&#39;&eacute;galit&eacute; et de solidarit&eacute; et le respect des principes de la charte des Nations unies et du droit international.&nbsp;&raquo; De cette fa&ccedil;on, l&rsquo;Union europ&eacute;enne souligne dans son document constitutionnel qu&rsquo;elle est distincte, mais non d&eacute;tach&eacute;e du monde qui l&rsquo;entoure; qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas &agrave; part, mais qu&rsquo;elle fait partie du syst&egrave;me international. Ainsi, le Trait&eacute; de Lisbonne rejette une stricte s&eacute;paration entre une communaut&eacute; de droit en interne et un syst&egrave;me o&ugrave; le droit du plus fort pr&eacute;vaut ailleurs.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tEn&nbsp;&nbsp;conclusion, cette contribution avait pour intention de montrer comment le Trait&eacute; de Lisbonne &laquo;&nbsp;constitutionalise&nbsp;&raquo; la nature de l&rsquo;Union europ&eacute;enne sur la sc&egrave;ne internationale. Eu &eacute;gard &agrave; la profusion de dispositions non seulement proc&eacute;durales mais aussi et surtout substantielles concernant l&rsquo;action ext&eacute;rieure de l&rsquo;Union, l&rsquo;on peut consid&eacute;rer le Trait&eacute; de Lisbonne comme une innovation majeure de droit constitutionnel de l&rsquo;Union. L&rsquo;Union europ&eacute;enne reconna&icirc;t qu&rsquo;il existe un monde en dehors de sa propre communaut&eacute; politique et &eacute;tablit des liens et r&egrave;gles fondamentales r&eacute;gissant l&rsquo;interaction avec celui-ci. Ainsi, le Trait&eacute; de Lisbonne va plus loin qu&rsquo;une constitution classique, qui porte seulement sur l&rsquo;organisation politique interne et qui s&rsquo;int&eacute;resse au domaine ext&eacute;rieur dans le seul cas o&ugrave; il interf&egrave;re avec le domaine interne. En effet, il renforce consid&eacute;rablement le&nbsp;caract&egrave;re &laquo;&nbsp;normatif&nbsp;&raquo;, voire &laquo;&nbsp;&eacute;thique&nbsp;&raquo;, de la puissance europ&eacute;enne avec une pr&eacute;f&eacute;rence pour des moyens pacifiques, mais qui est n&eacute;anmoins pourvue de moyens coercitifs, y compris&nbsp;&nbsp;militaires. De plus, &eacute;tant donn&eacute; que les valeurs &agrave; promouvoir dans le monde puisent dans celles qui ont inspir&eacute; la construction europ&eacute;enne, l&rsquo;on pourrait en conclure que le but global de l&rsquo;action ext&eacute;rieure de l&rsquo;UE est non seulement de prot&eacute;ger mais aussi d&rsquo;&eacute;tendre, d&rsquo;exporter cette zone &laquo;&nbsp;postmoderne&nbsp;&raquo; dont parle Robert Cooper.\n<\/p>\n<p>\n\tBien s&ucirc;r, il incombera aux institutions europ&eacute;ennes de mettre en &oelig;uvre l&rsquo;action ext&eacute;rieure de l&rsquo;UE selon les buts et sur la base des valeurs constitutionnels. Cette t&acirc;che s&rsquo;adresse avant et surtout aux postes cr&eacute;&eacute;s par le Trait&eacute; de Lisbonne pour g&eacute;rer les relations ext&eacute;rieures de l&rsquo;Union, c&rsquo;est-&agrave;-dire le Pr&eacute;sident du Conseil et la Haute repr&eacute;sentante de l&#39;Union pour les affaires &eacute;trang&egrave;res et la politique de s&eacute;curit&eacute;&lrm; avec son Service europ&eacute;en pour l&#39;action ext&eacute;rieure. Apr&egrave;s tout, une constitution peut d&eacute;finir la nature et l&rsquo;organisation d&rsquo;une communaut&eacute; politique, toutefois elle n&rsquo;est pas &agrave; m&ecirc;me de fournir une voix et de l&rsquo;influence propre dans le monde.\n<\/p>\n<p>\n\tEn somme, paraphrasant l&rsquo;adage de l&rsquo;homme politique britannique Lord Palmerston, dans un environnement de plus en plus interd&eacute;pendant et multipolaire, il se peut que l&rsquo;Union europ&eacute;enne n&rsquo;aura pas d&#39;amis ou d&rsquo;ennemis permanents&nbsp;; qu&rsquo;elle n&#39;aura que des&nbsp;<em>int&eacute;r&ecirc;ts<\/em>&nbsp;permanents. Or, depuis le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;d&eacute;cembre 2009, ses int&eacute;r&ecirc;ts dans le monde sont fa&ccedil;onn&eacute;s par les<em>buts<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>valeurs<\/em>&nbsp;fermement ancr&eacute;s dans son document constitutionnel.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<h3>\n\t&nbsp;<span><span style=\"color:#CF1930;\">Pour en savoir plus<\/span><\/span><br \/>\n<\/h3>\n<p>\n\tCOOPER Robert,&nbsp;<em>The Post-modern State and the World&nbsp;<\/em><em>Order<\/em>,&nbsp;London, Demos 2000.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tCREMONA Marise, &lsquo;Values in EU Foreign Policy&rsquo;, in Panos Koutrakos et Malcolm Shaw (dir.),&nbsp;<em>Beyond the Established Legal Orders: Policy interconnections between the EU and the rest of the world<\/em>, Oxford, Hart Publishing, &agrave; para&icirc;tre f&eacute;vrier 2011.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tDuch&ecirc;ne Fran&ccedil;ois, &lsquo;Europe&rsquo;s role in world peace&rsquo;, in Richard Mayne (dir.),&nbsp;<em>Europe<\/em>&nbsp;<em>Tomorrow: Sixteen Europeans Look Ahead<\/em>,&nbsp;London,&nbsp;Fontana, 1972, pp. 32-47.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tFranck Christian et Duchenne Genevi&egrave;ve (dir.),&nbsp;<em>L&#39;action ext&eacute;rieure de l&#39;Union europ&eacute;enne : r&ocirc;le global, dimensions mat&eacute;rielles, aspects juridiques, valeurs<\/em>, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant 2008.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tHoffmann Stanley,&nbsp;<em>The European Sisyphus: Essays on Europe, 1964-1994<\/em>,&nbsp;Boulder, Westview Press 1994.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tKAGAN Robert,&nbsp;<em>Of Paradise and Power:&nbsp;America&nbsp;and Europe in the New World Order<\/em>,&nbsp;New York, Knopf 2003.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tKOUTRAKOS Panos,&nbsp;<em>EU International Relations Law<\/em>, Oxford, Hart, 2006.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tMANNERS Ian, &lsquo;European Union, normative power and ethical foreign policy&rsquo;, in David Chandler and Volker Heins (dir.),<em>Rethinking Ethical Foreign Policy: Pitfalls, possibilities and paradoxes<\/em>, London Routledge 2006, pp. 116-136.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tPriollaud Fran&ccedil;ois-Xavier et Siritzky David,&nbsp;<em>Le Trait&eacute; de Lisbonne&nbsp;: Texte et commentaire article par article (TUE-TFUE)<\/em>, Paris, La Documentation Fran&ccedil;aise 2008.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t* L&#39;auteur exprime sa reconnaissance &agrave; Sophie Besancenot, Antoine Duval et Philippe Reyniers (tous chercheurs &agrave; l&rsquo;Institut universitaire europ&eacute;en) pour leur aide et leurs commentaires linguistiques. Toutes les erreurs qui peuvent subsister ne sont imputables qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;auteur.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<span>Disclaimer: The views expressed in this paper are those of the author alone and do not necessarily reflect the opinion of the Foundation.<\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\t<span style=\"font-size:12px;\"><em>Mise &agrave; jour le Mardi, 14 D&eacute;cembre 2010 09:55 <\/em><\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"excerpt\">Joris Larik* Doctorant en droit Institut Universitaire Europ&eacute;en,&nbsp;Florence&nbsp;&nbsp;&nbsp; Papiers d&#39;actualit&eacute;\/ Current Affairs in Perspective Fondation Pierre du Bois December&nbsp;2010, No 9\/ 2010 &nbsp; Read, save or print the&nbsp;pdf version&nbsp;of this article. Le 1er&nbsp;D&eacute;cembre 2010, le Trait&eacute; de Lisbonne f&ecirc;te le premier anniversaire de son entr&eacute;e en vigueur, marquant la conclusion d&rsquo;un processus de r&eacute;forme entam&eacute;&nbsp;&nbsp;presque une d&eacute;cennie plus t&ocirc;t. 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